Université de Douala: au plus près du monde professionnel


L’institution entend mettre une fois de plus l’accent sur l’adéquation entre formation et besoins des entreprises

 

Université de Douala, le 27 septembre 2017. Ernest Gwaboubou, ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique, visite le centre spécialisé PETROMINES à la faculté des Sciences et les ateliers de l’Institut Universitaire de Technologie (IUT). A son premier arrêt, le Minmidt explore des laboratoires où les métiers d’avenir pour le développement du Cameroun prendront vie. A la 2e étape, il évaluera le niveau d’avancement du projet confié à l’IUT par son département ministériel. Ses attentes, le ministre les traduira d’ailleurs par des mots : « Dans sa mission de formation et de recherche, l’université de Douala qui voudrait être un incubateur du secteur minier doit donc offrir des formations académiques ciblées et adaptées… »

Formations ciblées, en adéquation avec les besoins et les évolutions du monde de l’entreprise, c’est aussi le leitmotiv du Pr François-Xavier Etoa, recteur de l’université de Douala, institution qui doit vivre au rythme de la cité économique qui l’abrite et des perspectives de croissance du Cameroun. Et cette année académique 2017 – 2018 ne dérogera pas à cette règle. Parce qu’au-delà de la professionnalisation des enseignements prônée de longue date par le ministre des Enseignements supérieurs, il est surtout question aujourd’hui d’employabilité. Avec une formule chère au Pr Etoa, « la qualification d’abord, le diplôme après ». Surtout qu’aujourd’hui, sur les onze établissements que compte l’institution, sept ont une vocation technologique. Sans oublier les trois centres spécialisés. 

De plus, il est attendu des futurs diplômés de l’université de Douala qu’ils ne soient plus de simples salariés, mais des patrons en puissance. C’est ainsi qu’on voit de nombreux porteurs de projet dont les recherches rencontrent un franc succès. On a par exemple des produits déjà commercialisés du côté de l’IUT. On a également du côté de l’Institut des Sciences Halieutiques (ISH) basé à Yabassi, de jeunes gens qui ont remporté la première édition du prix d’excellence du chef de l’Etat aux Jeux Universitaires de Bamenda, le Gtec (Génie et talent des étudiants du Cameroun). Cela grâce à un projet de conservation et de transformation du tilapia en pâté et en conserve. L’ISH où une nouvelle filière vient d’ouvrir pour 2017 – 2018 : Agronomie. 

Pour cette concrétisation des enseignements reçus, l’université multiplie les partenariats avec le monde de l’entreprise. Des échanges qui ne s’arrêtent pas qu’à l’élaboration des programmes de formation, mais qui vont jusqu’au partage des équipements. Parce qu’on est bien conscient du côté de l’université de Douala qu’un long chemin reste à parcourir en matière d’infrastructures et de ressources humaines. Mais petit à petit…

 

Dites Nous

 

 Pr François-Xavier Etoa: « Nous formons des étudiants capables de s’auto-employer »

Recteur de l’université de Douala

 

Quels vont être vos axes prioritaires d’action pour l’année académique 2017-2018 ?

Le premier est de mettre un accent sur les infrastructures qui restent notre talon d’Achille. Ce qui permettra aux enseignants et aux étudiants d’évoluer dans des conditions moins difficiles que l’année dernière. Autre axe, la numérisation. Nous sommes en train de moderniser la bibliothèque universitaire en mettant en place les presses numériques universitaires. De plus, nous allons bénéficier du don du chef de l’Etat qui va au-delà des ordinateurs, parce qu’il y aussi des centres de formation, d’éducation au numérique qui vont être construits. Ce sont des espoirs d’innovation, de développement de notre enseignement, nos filières de formation, notre savoir-faire qui se densifient et se diversifient. Quant à la professionnalisation, c’est un acquis.

Parlant de professionnalisation, n’y aurait-il pas un plus pour cette nouvelle année ?

En effet, l’élément nouveau est lié à la convention que nous avons signée avec le Port Autonome de Douala (PAD). Nous avons mis sur pied un comité de pilotage qui va travailler à identifier les problèmes du PAD à l’effet d’engager des actions de recherche sur ses filières et ça nous permet de reformater les programmes d’enseignement selon les besoins sur le terrain. Non seulement on pourra renforcer les connaissances des techniciens du PAD, mais on formera des étudiants à l’employabilité certaine. C’est le même cas de figure avec le secteur pétrole et mines, notre centre spécialisé appelé PETROMINES, domicilié à la faculté des Sciences, en est le creuset approprié. Autre point important dans la professionnalisation : l’université de Douala va continuer d’expérimenter cette approche didactique innovante qu’est l’apprentissage par projet. Une approche qu’on retrouve par exemple à l’IUT. Ça permet véritablement de faire des formations ciblées et de donner des compétences aux apprenants pour mieux se vendre et surtout s’auto-employer. 

A côté de l’aspect formation, comment pensez-vous développer le volet social ?

Sur le plan tranche-vie, nous allons continuer la politique entamée l’année dernière, à savoir qu’on renforce la mobilité des étudiants. Nous allons nous assurer que la Socatur qui a signé une convention avec nous puisse effectivement maintenir son service à un bon niveau. Par ailleurs, notre programme d’aide et de culture à la responsabilisation des étudiants, dénommé JSP (Job Study Program) sera maintenu. C’est une activité qui vient en prolongement du WSP (Work Study Program) mené par le Minesup. Sans oublier la frange fragile que sont les étudiants handicapés, à qui l’université de Douala accorde des exonérations des droits universitaires et assistance. Et en ce moment, je reçois des promoteurs qui sont soit orientés par notre ministère de tutelle ou qui viennent directement me voir pour que nous envisagions des accords de mise en place des infrastructures telles que les cités universitaires. Ce qui sera d’une grande aide pour les étudiants notamment du campus de Logbessou, où sont situées les facultés de médecine et de génie industriel. In fine, les difficultés conjoncturelles ne sauraient être un obstacle insurmontable à l’attention sociale à porter à la communauté universitaire.


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