Une présence camerounaise à renforcer

Commentaire.

La création le 21 août 2017, par décret du Premier ministre, chef du gouvernement de la Bakassi Peninsula Development Program (BADEP) vise sans doute, comme cela est indiqué à l’article 3 du décret sus-mentionné, le repeuplement de la péninsule, mais il apparaît clairement qu’à travers cet aspect, c’est l’ensemble du développement de Bakassi qui est visé. Afin d’y amener le maximum de Camerounais. Car force est de constater que depuis l’arrêt de la Cour internationale de justice de La Haye du 10 octobre 2002 et l’accord de Greentree du 12 juin 2006, le peuplement des localités d’Isangele, Idabato, KomboAbedimo, KomboItindi et Bamusso dans le département du Ndian semble être resté jusqu’ici très loin des préoccupations des populations camerounaises. Et pourtant, ce ne sont pas les initiatives qui auront manqué pour attirer les nationaux dans ces localités que l’on dit pourtant très riches en ressources naturelles. C’est ainsi que le gouvernement a, depuis la mise sur pied le 27 août 2007 du Comité de coordination et de mise en œuvre des projets prioritaires à réaliser dans la zone de Bakassi, mis sur pied de nombreuses infrastructures dans divers secteurs, en vue de la viabilisation de la péninsule.

Il faut saluer la nouvelle entité qui vient d’être créée. Elle se veut en effet une structure permanente qui va opérer sur le terrain, avec pour siège la localité d’Isangele. Il faut en outre saluer le fait que dans son fonctionnement, l’on trouve des acteurs de terrain à l’instar des représentants des populations locales qui devront sans doute, mieux que quiconque, définir les priorités vers lesquelles devront aller les investissements des pouvoirs publics et des autres partenaires qui sont appelés à participer au financement de la BADEP. C’est aussi là l’une des innovations majeures qu’apporte la nouvelle structure : son financement, et par ricochet le développement de la péninsule, ne sera plus uniquement une affaire des pouvoirs publics. Il reste donc à espérer qu’un accent soit mis sur la qualité des projets réalisés sur le terrain en faveur des populations, qui sont les premières bénéficiaires de l’ambition que porte désormais la BADEP. Car l’un des points faibles du Comité créé en 2007 portait sur ce point, comme l’ont souvent déploré les autorités administratives locales.

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