SNH Vélo Club : le dernier des Mohicans


A la tombée de la nuit, ce vendredi-là à Ebolowa, Achille Nga Mvogo, le vice-président de l’Association sportive et culturelle des hydrocarbures (Asch) quitte son hôtel pour se rendre sur le lieu de résidence de ses poulains. Comme c’est le cas depuis le début de la 19e édition du grand prix cycliste international Chantal Biya, un débriefing s’impose avant le départ, le lendemain matin, de la 3e étape, Zoétélé-Nkpwang-Meyomessala. Ils sont tous là. Les coureurs, le directeur sportif et son adjoint, le médecin Dr Michel Motaze, et le mécanicien Daouda Oumarou. Chacun aura la latitude de dire ce qui n’aura pas marché et ce qu’il compte faire pour améliorer le classement. L’état des vélos ne sera pas en reste. 

Ainsi se présente une tranche de vie de la SNH Vélo Club en période de compétition. En une année, il n’est pas rare que le club participe à deux voire trois courses au-delà de nos frontières, en dehors du Grand prix Chantal Biya et du Tour du Cameroun. Parfois, c’est dans la forme classique de sa composition, parfois c’est une sorte de patchwork avec quelques coureurs de l’équipe nationale. La Tropicale Amissa Bongo (Gabon), les tours du Rwanda, de la République démocratique du Congo (RDC), du Faso ou de la Côte d’Ivoire n’ont pas de secret pour eux. L’écurie, du fait de sa structuration qui lui permet souvent de briller sur le plan national, et même international, fait la fierté du Cameroun dans un environnement où les clubs sont quasi-inexistants. Douala Vélo Club et Woodwork, ont par exemple fermé boutique depuis un bon moment.  

Ils sont une dizaine de coureurs dans cette écurie. Le recrutement s’effectue via des tests, techniques et médicaux. Une campagne de recrutement étant lancée préalablement par le biais de la Fédération camerounaise de cyclisme (FCC). Les heureux élus bénéficieront d’une assurance, d’une rémunération mensuelle et de vélos performants. Ici, deux vélos en moyenne, dont le prix oscille entre quatre et cinq millions F, sont mis à la disposition de chaque coureur chaque année. Lesquels suivent un programme d’entraînement établi chaque mois, comprenant des sorties sur route et des séances de musculation et de natation. En sachant que les journées de lundi et mardi  sont réservées à la révision des vélos. 

Pour donner la possibilité à ses coureurs de se perfectionner, les responsables de la SNH Vélo Club n’ont pas souvent hésité à envoyer leurs poulains en stage pour une durée de quatre voire six mois dans la région Rhône Alpes. Clovis Kamzong Abossolo, Hervé Raoul Mba ou encore Robert Fozing ont pu bénéficier de cette opportunité. Depuis quelques temps, et ceci dans le souci de permettre au plus grand nombre d’être encadré au même moment, c’est désormais l’expertise qui arrive au pays. La SHN Vélo Club est le poumon de la section vélo de l’Asch. C’est d’ailleurs la seule entité qui est animée par des non employés de la Société nationale des hydrocarbures. Toutefois, une partie du budget de l’Asch permet d’assurer son fonctionnement. Ici, on espère que la nouvelle vague de coureurs retrouvera le niveau des Martinien Tega et autres Joseph Sanda, qui avaient gagné des courses à l’international.


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