Appel lancé hier à Yaoundé par le Minsanté, lors de la commémoration de la 19e édition de la Journée mondiale de lutte contre la maladie, afin que la baisse actuelle soit maintenue.
Les nouvelles sont bonnes au Cameroun pour ce qui est du sida. Plus de 180 000 personnes sont sous traitement. Le taux de prévalence, actuellement de 4,3%, a encore baissé. Le taux de mortalité a diminué de 35%.
Hier, lors de la commémoration de la 19e édition de la Journée mondiale de lutte contre cette affection au siège de la Croix-Rouge camerounaise à Yaoundé, le représentant des personnes vivant avec le Sida n’a pas dit le contraire. Bernadette Ongolo a tiré un coup de chapeau à l’ensemble des acteurs mobilisés dans la lutte: le chef de l’Etat, la première dame du Cameroun, Mme Chantal Biya, le gouvernement et ses partenaires. Elle a indiqué que d’énormes progrès ont été enregistrés au pays. De nouvelles unités de prises en charge ont été créées, le dépistage du VIH est désormais systématique à chaque consultation, le coût de vérification de la charge virale a été réduit et les traitements sont disponibles.
Pour Jean Stéphane Biatcha, secrétaire exécutif de Synergies africaines contre le sida et les souffrances, ce n’est pas le moment de verser dans l’autosatisfaction. « Nous devons sortir des sentiers battus et aller là où le taux de prévalence est encore en hausse. La sensibilisation reste notre arme efficace. Les jeunes femmes étant les plus exposées », a-t-il martelé. La même recommandation a été faite par le secrétaire exécutif de l’Onu sida, Michel Sidibé, dont le message a été lu pendant la cérémonie.
A en croire André Mama Fouda, ministre de la Santé publique et président du Comité national de lutte contre le sida (Cnls), il y a encore des poches de résistance. Entre janvier et juin 2016 par exemple, 52 830 personnes ont été testées séropositives mais seulement 28 388 ont commencé le traitement. Le ministre appelle ainsi toute personne ayant accepté de se faire dépister à commencer le traitement. Et ceux déjà sous traitement à respecter le calendrier de retrait gratuit des antirétroviraux, permettant de baisser la charge virale. De nombreuses campagnes sont menées à travers le pays pour amener les Camerounais à barrer la route à cette affection. A côté des opérations traditionnelles telles que « Vacances sans sida », de nouvelles autres ont vu le jour. C’est le cas, par exemple, de « Mon pari pour 2030 » de Synergies africaines ou encore du « Mois Camerounais contre le sida », du Cnls.
Mais toutes ces actions de l’avis de plusieurs observateurs, ne sauraient porter des fruits si chaque Camerounais, ne s’implique dans la lutte. C’est sans doute dans cette optique que célébration est axée sur le thème « Levons la main pour la prévention du VIH ».