Serges Frédéric Mboumegne:«Surcharger est une infraction»


Président de l’ONG Koffi Annan pour les droits de l’Homme et la paix

 

Quels sont les dangers auxquels s’exposent ceux qui pratiquent le clando et la surcharge ?

Notre Ong prône la citoyenneté sur nos routes. A ce titre, nous avons longuement mené des actions de sensibilisation sur le terrain pour que les citoyens soient au fait des dangers de la surcharge et de tout ce qui a trait à l’indiscipline sur nos routes. Le premier danger est celui de la sécurité. Lorsqu’on est à bord d’une voiture non conforme, on n’a aucune assurance en cas de danger. Les passagers sont serrés, mal à l’aise et dans un inconfort qui peut créer des problèmes de santé chez certains. Sur le plan juridique, la surcharge des véhicules est une infraction prévue et réprimée par l’article 369 du décret N°2016/319 du 12 juillet 2016 portant partie réglementaire du Code pénal définissant les contraventions.   Donc ceux qui s’exposent à la surcharge des véhicules sont punis d’une amende.

Quelle est la situation de ceux qui acceptent d’être surchargés et pourquoi le phénomène ne diminue-t-il pas malgré la répression ?

Les personnes qui acceptent d’être surchargées peuvent être considérées comme complices. Par conséquent, un passager qui accepte d’être surchargé participe à la surcharge et par conséquent, peut être punit d’une peine d’amende. Le phénomène ne diminue pas à mon avis, à cause de la tolérance des différentes instances, qui privilégient encore la sensibilisation à la répression. Il y a aussi le laisser-aller des acteurs du système qui profitent de cette tolérance et parlent de pauvreté pour rester en marge de la réglementation. 

Que faire pour lutter contre la surcharge ?

La première solution est la sensibilisation. La peur du gendarme étant le commencement de la sagesse, il faut vulgariser le décret portant contravention qui considère la surcharge comme une infraction. Les transporteurs doivent être sensibilisés à cet effet. La seconde solution est l’éducation. Les responsables en charge du transport routier sont tenus d’organiser des sessions de causeries éducatives au bénéfice des transporteurs dont la majorité ne passe pas par une auto-école. La troisième solution enfin est la répression. Ici, il convient de dire que les responsables de la police et de la gendarmerie ainsi que les agents des services du transport en charge du contrôle routier, doivent être rigoureux lors des contrôles et éviter d’être corrompus.


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