Remonter la pente

COMMENTAIRE.

Pour les Lions indomptables, la participation à la Coupe du monde de 2018 en Russie est  désormais à ranger au rayon des souvenirs. La fermeture prématurée de cet épisode  ouvre une nouvelle page pleine de supputations et d’incertitudes. Plus que l’élimination elle-même, les conditions dans lesquelles elle est survenue interrogent tout observateur sensible à certains signaux préoccupants. Côté statistiques, quelques faits démontrent les insuffisances d’une sélection visiblement mal en point : lors des deux derniers matchs, le Cameroun  a encaissé 5 buts pour 1 seul marqué. A titre de rappel, lors des six rencontres disputées à la CAN 2017 qu’elle avait du reste remportée, l’équipe n’avait encaissé que trois buts en cours de jeu contre sept marqués.

Que s’est-il donc passé pour qu’une équipe jadis réputée pour la solidité de sa défense en soit aujourd’hui à boire la tasse sans broncher ? Voilà un questionnement qui devrait interpeller au plus haut point tous ceux en charge de la gestion de la gestion de l’équipe nationale de football fanion qui a connu en un laps de temps relativement court une ascension spectaculaire suivie d’une chute retentissante. Alors qu’on croyait assister depuis quelques mois à l’enracinement d’un nouvel état d’esprit fait d’engagement, de fraternité, de solidarité et d’humilité, des fissures qui se font désormais jour méritent une attention soutenue si nous voulons remettre sur pied une équipe compétitive et conquérante pour la CAN 2019. La copie rendue jusqu’ici, tant en amical qu’en compétition officielle peut amener logiquement à s’interroger sur la gestion de l’après-CAN, ainsi que sur le management d’un effectif certes limité, mais encore plus affaibli par des choix tactiques discutables. Certes, on peut reconnaitre au coach le souci d’ouverture qui a mis un terme au phénomène de « titre foncier » mais à vouloir essayer à chaque match des nouveaux joueurs sans expérience, on risque de bâtir en vain un château de sable. La force d’un groupe réside dans sa capacité à tirer des enseignements des obstacles rencontrés pour progresser. S’il y a des leçons à tirer de la récente débâcle, elle peut se résumer à un vœu : quand une sélection parvient à se hisser au sommet du football africain, elle doit se donner des moyens pour y rester le plus longtemps possible. En s’appuyant sur des éléments sûrs et non des  seconds choix ; en quittant le terrain de l’expérimentation pour celui de la certitude. Le naufrage des Lions étant collectif, l’heure n’est plus à la recherche du bouc émissaire. il faut se serrer les coudes pour remonter la pente.

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