Organisations non gouvernementales : l’appel à l’ordre du Minat


« Je donne à chaque responsable d’ONG, 60 jours pour déposer dans mes services, notamment à la direction des Affaires politiques, les rapports d’activités des exercices 2017-2018 et 2018-2019 ». C’est par ces mots que le ministre de l’Administration territoriale (Minat), Paul Atanga Nji a terminé la déclaration faite à la presse hier en début d’après-midi. Dans une salle des conférences archi-comble de son département ministériel, il a indiqué d’entrée de jeu que sa sortie portait sur les activités des Organisations non gouvernementales, les associations de la société civile et les associations des droits de l’Homme au Cameroun. Paul Atanga Nji a ainsi rappelé qu’« entre 1960 et 1982, date de l’accession à la magistrature suprême de S.E Monsieur Paul Biya, à peine cinq ONG internationales, trois ONG nationales et deux associations de la société civile exerçaient leurs activités au Cameroun ». Puis il a fallu les lois sur les libertés publiques promulguées en 1990 pour que « le Cameroun compte aujourd’hui une quarantaine d’ONG internationales, de nombreuses ONG nationales et des associations de la société civile et celles qui sont spécialisées dans la promotion des droits humains ». Après avoir rappelé le cadre légal dans lequel ces structures exercent leurs activités, Paul Atanga Nji a remarqué que « depuis trois ans que durent les troubles dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, plusieurs ONG et associations de la société civile et des droits de l’Homme se sont totalement écartées des objectifs et des missions pour lesquels elles ont été agréées ». 

S’il s’est félicité de ce que les écarts constatés ne concernent pas toutes ces structures dont certaines mènent leurs activités dans le strict respect des textes en vigueur, il a dénoncé toutes celles qui « véhiculent régulièrement des informations complètement fausses et erronées sur la gestion de la crise par le gouvernement dans les régions suscitées ». Bien plus, « elles sont devenues des officines de fabrication de faux rapports dans le but de ternir l’image de nos forces de défense et de sécurité ». Paul Atanga Nji est allé plus loin en indiquant que « le ministre de l’Administration territoriale est en mesure d’affirmer que ces ONG aux ordres ont reçu plus de 5 milliards de F des réseaux occultes à l’intérieur et à l’extérieur pour : déstabiliser les institutions de la République ; diffuser régulièrement dans certains médias et dans les réseaux sociaux, des informations tronquées pour discréditer la gestion de la crise dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest par le gouvernement ; démontrer que le Cameroun ne serait pas en mesure de gérer les déplacés internes ; montrer à travers de faux reportages que l’armée camerounaise poserait des actes contre les populations civiles ». Poursuivant son propos, le Minat a indiqué qu’il « a été découvert dans les convois humanitaires de certaines ONG, des armes et des munitions, des téléphones portables, des téléphones satellitaires et des jumelles destinés aux terroristes ». Paul Atanga Nji a rappelé que dans leurs rapports annuels les ONG ont « l’obligation de détailler au franc près les fonds reçus chaque année, l’identité de leurs financiers ou donateurs et l’utilisation de ces fonds au Cameroun ». De même que le Cameroun est en droit de « connaître les bénéficiaires de leurs actions ». Le ministre de l’Administration territoriale a rappelé l’obligation légale qui est faite à ces structures de déposer à son département ministériel « le rapport annuel de leurs activités ». Egalement mis à l’index, certains médias locaux qui servent de relais à ces structures.


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