« Nuit blanche »: l’art du samedi soir


Les jeunes de la cité économique étaient invités à ouvrir leur esprit samedi dernier lors de la manifestation culturelle

 

«Mais qu’est-ce qu’ils font ? Pourquoi il crie ? Je ne comprends rien ! » « Tu ne comprends pas quoi ? Il crie pour attirer l’attention ! ». Cet extrait de conversation entre deux jeunes gens, devant une représentation de la compagnie Macabane au boulevard de la Liberté à Akwa, symbolise bien ce qu’est la « Nuit blanche », manifestation culturelle aux multiples expressions artistiques initiée depuis maintenant quatre éditions par l’Institut français du Cameroun, dans la lignée de ce qui est organisé outre-Méditerranée, dans l’Hexagone. Pour le cas de Douala, il était donc question d’attirer l’attention des habitants sur l’art à travers l’accès gratuit aux espaces culturels pour des représentations, concerts, performances, installations, expositions, etc.

Et au-delà de la mise en valeur de la richesse artistique dans trois institutions – la galerie MAM, le centre d’art contemporain Doual’art et l’Institut Français de Douala, la « Nuit blanche » a été l’occasion pour les artistes de livrer leur vision de la cité économique. Lors de prestations en intérieur et en extérieur. Et dans cette foule composée surtout de curieux, un détail frappant : beaucoup de jeunes qui avaient trouvé là un moyen créatif d’occuper leur samedi soir. Même s’ils ne comprenaient pas toujours tout ce qui déroulait sous leurs yeux, ils y participaient allègrement. Saluant les échassiers à Bonanjo ou à Akwa, n’hésitant pas à prendre des selfies avec eux ou devant des œuvres d’art. Et dans les bus les conduisant d’un lieu à un autre, ils ont comparé leurs compréhensions sur les différents sujets à eux présentés.

Et dans un parcours digne d’une soirée dans un restaurant cinq étoiles, le public aura eu droit à une « entrée » à la galerie MAM avec la performance-installation du plasticien Hervé Yamguen, dans une collaboration transversale avec la danseuse Agathe Djokam. Il a interpellé le public sur le lien à la terre, la sauvegarde du patrimoine. Le « plat » se dégustait à Doual’art, avec la poésie du rappeur Sadrak Pondi, la projection d’une vidéo sur de déconstruction et de reconstruction de Douala, les pas de danse de la reine-mère du carnaval tropical de Paris, Liliana Anguissa, un flashmob auquel le public a joyeusement pris part, etc. Avant le « dessert » à l’IFC de Douala à Akwa, entre l’appel à la paix du Cameroun de la compagnie Les Racines, la musique du rappeur Leberger, une prestation dont la mise en scène a fait apprécier les talents de comédienne d’Amandine Sagnes, la directrice déléguée de l’établissement.


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