« Le Cameroun a une expérience à faire valoir »


Monsieur l’ambassadeur, vous avez été le chef de la délégation camerounaise au 8e sommet Africités. Comment appréciez-vous la participation du Cameroun à ces assises ?

Globalement, il s’agit d’une participation satisfaisante et honorable de notre délégation. Une forte délégation d’une centaine de personnes que nous avons eu l’honneur et le privilège de conduire en l’absence du ministre de la Décentralisation et du Développement local, dont l’agenda n’a pas permis qu’il fasse le déplacement. Plusieurs panels ont été organisés et qui ont trait à la décentralisation, au transfert des ressources au niveau local, la planification urbaine, la gestion des déchets, l’approvisionnement en eau, la construction d’équipements sociaux de base, il y a eu plusieurs ateliers. Et nos maires ont été impliqués dans ces panels et travaux, et je crois qu’ils ont beaucoup appris, Ils ont échangé avec leurs homologues venant d’autres pays. Ils rentrent au Cameroun mieux outillés. Je voudrais également souligner cette grande victoire pour le Cameroun, à savoir la réélection du directeur général du FEICOM à la tête du Réseau des institutions africaines de financement des collectivités locales, et celle de Célestine Ketcha Courtès, maire de Bangangté à la tête du Réseau des femmes élues locales d’Afrique. Nous avons obtenu cela de haute lutte. C’est un signe de confiance des autres pays envers le Cameroun. Ces deux compatriotes ont porté haut l’étendard de notre pays. C’est toujours facile de se faire élire pour la première fois, mais pour se faire réélire, il faut présenter un bilan. Ils ont donc été réélus sur la base de ce bilan qu’ils ont présenté et qui est satisfaisant.

Il y a également eu cette main tendue des élus locaux américains…

Évidemment. Le Cameroun est un pays ouvert, dans le respect de notre souveraineté. Nous avons été très heureux de recevoir une délégation des élus locaux noirs américains qui sont venus se présenter à nous, et qui nous ont fait montre de leur volonté de coopérer avec nous, pays africains notamment le Cameroun, sur la base de la formation, le tourisme, le jumelage des villes. Nous en sommes heureux et avons promis d’examiner leurs offres et de voir dans quelle mesure l’implémentation sera faite, dans l’optique d’améliorer la qualité de vie dans nos communes et villages.

Au regard de ces thèmes, notamment celui portant sur l’accélération de la décentralisation, que peut apporter le Cameroun?

Naturellement. C’est que nous-mêmes nous ne nous prenons pas souvent au sérieux. Nous pensons toujours que nous n’avançons pas. Alors que par contre, notre processus de décentralisation avance sereinement, et à un bon rythme. Aujourd’hui, nous avons notre expérience à faire valoir. Vous savez, dans ce chantier, chaque pays a sa trajectoire, chaque pays a son histoire. Cela permet de comprendre comment le processus a été mené. Nous avons une forte expérience en la matière. Beaucoup de pays comme le Bénin, le Burkina Faso, le Sénégal sont venus vers nous. Et nous avons eu des séances d’échanges qui vont leur permettre de rectifier le tir chez eux et à travers ce qu’ils nous ont dit aussi, permettre à nos magistrats municipaux d’améliorer leur fonctionnement. Chez nous, la décentralisation est inscrite dans la Constitution. C’est un outil piloté par le chef de l’Etat qui a rappelé plusieurs fois son efficacité. Nous sommes en train de passer à la vitesse supérieure. Et je crois que notre expé rience vaut la peine d’être présentée à d’autres pays.

Parmi les grandes résolutions prises à l’issue de ce sommet, il y a l’accélération des transferts de ressources aux communes, la capacitation des élus locaux, la préservation de l’environnement, entre autres. Comment le Cameroun compte-t-il mettre en œuvre ces résolutions ?

Je dois dire que nous n’avons pas attendu le sommet Africités pour engager tous ces chantiers. Le transfert des ressources est effectif au Cameroun, il faut juste avancer. La fiscalité locale est déjà ficelée. La problématique du développement durable qui est d’actualité et qui est nécessaire dans tous les pays, pour faciliter l’adaptation de nos villes et villages aux changements climatiques, pour atténuer les effets des changements climatiques, nous interpelle aussi. Nous devons penser aux villes que nous allons laisser à nos enfants. Que ce soit des villes mieux que ce que nous avons trouvé. Il n’est plus question de détruire la nature pour réaliser certains projets de développement. Ce même défi est à relever dans le cadre de la planification de la ville. Il y a eu tout un atelier dédié à ce concept. Les délégués du gouvernement de Yaoundé et Douala ont assisté à ces travaux. Et je crois que dans cette planification, on doit tenir compte des défis climatiques, de l’environnement, de la gestion durable des déchets et même de l’habitat. C’est la voie à suivre vers des villes durables.


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