La balle est dans l’autre camp

COMMENTAIRE.

Au moment où l’opinion nationale et internationale ne s’y attendait pas, le président de la République a ordonné le 30 août dernier, l’arrêt des poursuites contre certaines personnes poursuivies devant le Tribunal militaire de Yaoundé pour des motifs de violences survenues dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. S’appuyant sur les dispositions pertinentes de la loi N°2017/012 du 12 juillet 2017 portant Code de justice militaire, le chef de l’Etat a décidé de poursuivre sur la voie de l’apaisement dans ces deux régions en proie, depuis la fin de l’année dernière, à des remous sociaux nés de revendications des syndicats d’enseignants et d’avocats. Une mesure présidentielle, immédiatement mise en application par une décision du ministre en charge de la Justice militaire, le ministre délégué à la présidence de la République chargé de la Défense, en l’occurrence, signée le lendemain, c’est-à-dire le 31 août 2017. Par cet acte, ce sont 54 personnes qui ont ainsi recouvré la liberté. Cette décision intervient après de nombreux autres actes posés par le président de la République, ou par le gouvernement, sur ses hautes instructions, pour un retour à la sérénité dans ces deux régions du pays.

Il convient de le rappeler, la libération de ces personnes a toujours été présentée par certains comme une preuve de la volonté de décrispation du climat politique sur le terrain par certains. Avocats et syndicats d’enseignants en ont souvent fait une condition pour la reprise du dialogue et le retour à une vie normale dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Usant des prérogatives que lui confèrent les dispositions de l’article 13, alinéa 4 de la loi susmentionnée qui stipulent notamment que « Sur prescription du président de la République, le ministre chargé de la justice militaire peut arrêter à tout moment, avant le prononcé du jugement, toute poursuite pénale devant le Tribunal militaire », le chef de l’Etat a donc franchi le 30 août dernier un nouveau palier dans sa volonté de voir l’ensemble de ses compatriotes vivre dans la paix. Comme l’a rappelé le ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary face à la presse le 31 août 2017, le président de la République a voulu, par ce geste, et ce face à des actes dont certains ont porté atteinte à l’honneur et à la considération des institutions de la République et à leurs symboles et même à l’intégrité physique des personnes, faire prévaloir des valeurs de paix, de tolérance et de dialogue.

En ce jour où, comme des centaines de milliers de leurs compatriotes des autres régions du pays, des élèves de ces deux régions sont appelés à rejoindre les écoles et les campus pour le début de l’année scolaire 2017-2018, les auteurs des revendications, qui ont trouvé leur aboutissement à la suite de la décision présidentielle n’auront plus de raison d’empêcher leurs jeunes frères et sœurs de se lancer dans la quête du savoir. Au risque d’en être lourdement responsables devant l’Histoire. Il en est de même pour les avocats qui ont fait de la libération de leurs confrères, une exigence pour un retour dans les prétoires.

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