Fecafoot: revoilà la normalisation !


La FIFA a décidé hier de la mise sur pied d’un nouveau Comité qui organisera de nouvelles élections au plus tard le 28 février 2018.

Dire que la nouvelle a pris tout le monde de court est un euphémisme. Personne ne s’attendait vraiment à ce coup de tonnerre de la Fédération internationale de football association (FIFA). Celle-ci a en effet décidé hier de nommer un Comité de normalisation à la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT). La décision a été prise après une réunion du Bureau du Conseil de l’instance mondiale. Les raisons ? La décision du Tribunal arbitral du sport confirmant l’annulation du processus électoral de septembre 2015 par la Chambre de conciliation et d’arbitrage du Comité olympique et sportif du Cameroun à la demande de Abdouraman Hamadou, président d’Etoile filante de Garoua et d’autres acteurs du football local. Un processus électoral qui avait porté à la tête de la FECAFOOT, Tombi à Roko. Mais la FIFA justifie également son choix par ses nombreux échecs dans la recherche d’un terrain d’entente entre les différentes parties. On se souvient en effet qu’une rencontre avait eu lieu entre quelques-uns des contestataires de l’élection de septembre 2015, des membres de l’exécutif actuel de la FECAFOOT et la FIFA à Conakry (Guinée) en juillet dernier. De là à penser que c’est une des conséquences de cette réunion de laquelle rien n’avait filtré jusqu’alors, il n’y a qu’un pas.

Concrètement, le nouveau Comité de normalisation devra gérer les affaires courantes à la fédération ; élaborer de nouveaux statuts « avec toutes les parties prenantes » en conformité avec la législation nationale et les textes de la FIFA. Les ligues régionales et départementales devront également voir leurs statuts révisés alors que le Comité devra identifier les délégués de l’assemblée générale de la FECAFOOT. Enfin, et surtout, la nouvelle équipe organisera de nouvelles élections à Tsinga.

Alors, qui pour conduire ce nouveau Comité de normalisation, étant entendu qu’aucun d’eux ne pourra pourvoir à quelque poste électif ? Une mission conjointe de la FIFA et de la CAF séjournera dans les prochains jours au Cameroun pour désigner ces nouveaux acteurs dont le mandat ira jusqu’au 28 février au plus tard. Pour rappel, le Cameroun avait eu droit à un Comité de normalisation pour régler la crise en cours à la FECAFOOT en juillet 2013.  Prévu pour s’achever en mars 2014, la mission de l’équipe conduite par le Pr Joseph Owona avait finalement duré plus longtemps que prévu, puisque clôturée en septembre 2015. Cette décision de la FIFA va en tout cas chambouler le monde du football camerounais dans les prochains jours. Avec comme un air de déjà-vu.

Comment en est-on arrivé là ?

Lorsque le Comité de normalisation emmené par le Pr Joseph Owona tire sa révérence en septembre 2015, avec l’élection d’un nouvel exécutif à la tête de la FECAFOOT, certains pensent que le plus dur est derrière nous. Il faut dire que le football camerounais a vécu depuis 2013 deux années particulièrement agitées. Mais en novembre 2015, la Chambre de conciliation et d’arbitrage (CCA) du Comité national olympique et sportif du Cameroun déclare ce processus électoral « nul » au sein des ligues départementales et régionales, ainsi qu’au niveau fédéral. Et ce, à la demande des clubs Etoile filante de Garoua, représenté par Abdouraman Hamadou, Bandjoun Fc de Joseph Antoine Bell et Emmanuel Loga, président de Littoral Maison  mère.  Ceux-ci avaient sollicité l’annulation sur la base d’une précédente décision de la CCA, datée du 01er octobre 2015, qui déclarait illégaux les statuts de la fédération adoptés lors de l’Assemblée générale du 05 août de la même année.

Abdouraman Hamadou va ensuite saisir le Tribunal arbitral du sport de Lausanne (Suisse). Celui-ci juge irrecevable l’appel déposé par Etoile filante de Garoua sur la légitimité de Tombi à Roko comme président de la FECAFOOT, car « hors délai ». Mais le TAS confirme la décision de la CCA annulant l’élection de septembre 2015, en demandant au plaignant de saisir les juridictions compétentes pour faire appliquer la décision. Le Tribunal fédéral suisse sera par la suite saisi. Entre-temps, la FIFA essaye de trouver un terrain d’entente entre les différentes parties. Sans succès. Après plusieurs reports, la réunion dite de Conakry va réunir une partie des contestataires, mais sans Abdouraman Hamadou notamment, la FIFA et l’exécutif en poste de la fédération. Depuis, on attendait les retombées de cette réunion. Même si on peut supposer que la FIFA a décidé de prendre ses responsabilités dans une affaire qui n’en finit plus.


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