Enseignants: la reconnaissance de la nation


La corporation a été célébrée jeudi dernier sur l’ensemble du pays, à l’occasion de la journée mondiale.

A Yaoundé jeudi dernier, 5 octobre 2017, les enseignants se sont donné rendez-vous au palais polyvalent des sports pour la traditionnelle journée à eux dédiée. Tous vêtus du pagne spécialement sorti pour leur fête, instituteurs exerçant dans le primaire et professeurs du secondaire se confondaient. Il n’y avait plus là ni grade, ni titre, encore moins des rangs. Seulement des personnes aptes à manipuler la craie et à dispenser des savoirs. Dans une ambiance bon enfant, comme dans une vaste salle de classe. Entre chants, danses, poèmes, contes, proverbes et sketches. Et ce autour du thème : « Enseigner en liberté, autonomiser les enseignants ».

Premier à se jeter à l’eau pour le développer, le représentant de la directrice du bureau multisectoriel de l’Unesco au Cameroun, Albert Mendy. L’on a retenu de son propos que dans le monde, beaucoup d’enseignants ne disposent pas de la liberté et des outils nécessaires pour diffuser leurs savoirs avec efficacité. Ils sont aussi régulièrement confrontés aux problèmes de sécurité. Un clou qu’a enfoncé Mohamed Japhet Moum à Ndong, professeur de géographie au lycée de Mokolo, région de l’Extrême Nord. « La liberté d’enseigner, c’est aussi pouvoir se rendre dans son établissement sans peur au ventre, sans être agressé par des terroristes, par ces temps de revendications politiques », a-t-il dit dans sa leçon inaugurale, avant de rappeler aux collègues que leur art exige un renouvellement constant, de la créativité. De l’autonomie aussi. Une notion qui suppose de laisser l’enseignant choisir ses outils et le faire participer au choix des approches et programmes pédagogiques.

Le clou de cette cérémonie a certainement été la remise des récompenses aux enseignants s’étant particulièrement distingués dans l’exercice de leur métier. Dans cette séquences, des trophées aux été décernés aux meilleures équipes sportives. De même que des décorations et des médailles d’honneur du travail. Au total, 34 récipiendaires dans le département du Mfoundi. Cette vague des récompenses a été complétée par la remise des Palmes académiques par le ministre des Enseignements secondaires (Minesec) : 91 dans le Mfoundi et 886 au plan national. C’était bien avant que le discours du ministre ne vienne clôturer la journée.

« L’enseignant est souvent présenté comme un homme de devoir. […] Enseigner en liberté pourrait donc signifier aimer son métier, avoir une bonne maîtrise des méthodes pédagogiques, une forte personnalité permettant de résister aux contraintes extérieures contraires à l’éthique de la profession », a développé Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe. Avant d’expliquer ce qu’entraîne l’autonomie des enseignants et de relever les efforts du gouvernement pour atteindre cet objectif. De nombreuses personnalités, dont des ministres et des représentants du corps diplomatique ont pris part à la cérémonie d’hier à Yaoundé.

 

Ils ont dit

 

Japhet Moum A Ndong Mohamed: «  C’est un appel à se mettre au travail »

Enseignant de géographie au lycée bilingue de Mokolo.

« Ce thème s’applique à deux niveaux. D’abord, c’est un appel à l’enseignant parce qu’on ne peut pas réclamer l’autonomie si à la base on n’est pas travailleur. C’est un appel à se mettre au travail, être plus créateur et innover. C’est également apporter les nouvelles techniques d’enseignement qui facilitent la transmission. La hiérarchie devrait nous faire confiance car nous avons été formés pour enseigner, mais aussi pour contribuer au choix du matériel didactique.»

 

Roger Toukam:  « L’enseignant doit être un homme intègre »

Censeur et enseignant de chimie au lycée de la Cité Verte, Yaoundé.

 «L’enseignant est un homme libre, mais canalisé par les canons de la société. Vu les charges qui incombent à ce dernier, notamment l’encadrement des apprenants, il fallait donner notre regard sur  la liberté. Cette liberté ne veut pas dire libertinage, mais enseigner dans des canons et être responsable des actes qu’il pose. L’enseignant doit être un homme intègre et autonome. Avec le climat qui règne dans ce pays, ce thème arrive à point nommé. »

 

 Marguerite Beca: « Notre métier est noble »

Institutrice à l’école publique de Mendong, Yaoundé.

« Le métier de l’enseignement n’est pas une contrainte. L’enseignant devrait enseigner en liberté. Il doit se sentir à l’aise dans sa salle de classe, devant ses élèves. Les deux modules du thème vont de pair. Autonomiser l’enseignant englobe la liberté. Si cela pouvait s’appliquer, l’éducation s’améliorerait davantage. Notre métier est un métier noble. C’est cette autonomisation et cette liberté qu’on attendait depuis. »


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