Economie: les compétences féminines à l’épreuve


Dans la plupart des entreprises l’égalité hommes et femmes est loin d’être gagnée.

En dépit de quelques améliorations observées dans les quotas de représentation hommes – femmes au sein des organes de décisions les femmes sont toujours sous-représentées dans le secteur économique. Dans l’Annuaire statistique du ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF), édition 2015, figure en bonne place la répartition des effectifs des promoteurs/dirigeants d’entreprises et des effectifs des employés permanents selon le sexe et par sous-secteur d’activité. La sylviculture, la pêche et pisciculture, l’élevage et l’industrie alimentaire enregistrent les plus faibles proportions de promotrices et de dirigeantes. Soit aucune femme  dans le sous-secteur sylvicole, pour 28 hommes. Idem dans la pêche et pisciculture où aucune dame n’est représentée sur un effectif de six messieurs. On dénombre tout de même six femmes contre 65 hommes dans l’élevage. Pour autant, le nombre de promotrices et de dirigeantes a progressé de façon sensible dans les autres sous-secteurs à l’instar de l’agriculture qui compte 20 promotrices contre 112 promoteurs. Dans le domaine bancaire et de l’assurance, l’on dénombre 76 femmes contre 338 hommes. Dans le transport, elles sont 35 contre 339 hommes.

Au demeurant, les chiffres révèlent une forte présence de promotrices et dirigeantes dans les autres industries manufacturières. A savoir : 3 919 femmes contre 5 734 messieurs. La proportion est aussi importante dans le commerce: 12 134 femmes responsables dans le secteur contre 29 957 hommes. Au total, l’on dénombre 25 251 femmes contre 52 149 hommes dans ces sous-secteurs d’activités. Dans le secteur des industries, l’on compte à peine une dirigeante sur 53, ainsi que dans les services où l’on ne dénombre que huit dames sur 85. Les associations sont cependant dépourvues de femmes sur 11 responsables.

Plus important encore, à travers le projet Pajer-U, il ressort que 361 femmes ont bénéficié de financements en 2011 contre 546 hommes. En 2012, 184 femmes auraient reçu ces financements contre 353 hommes. La part des femmes s’est accrue dans les effectifs des personnes formées dans les Centres de promotion de la femme et de la famille et insérées dans le marché de l’emploi.  Ceci avec un total de  25 030 femmes et 15 965 filles contre seulement 2 766 hommes.  Au final, le déséquilibre hommes-femmes au sein des instances décisionnelles des entreprises reste un défi majeur.

 

Réactions

 Rolande Dzebaze: « Il faut que les femmes se forment »

Coordonatrice groupe science et technique de « La Tutelle » au MINPOSTEL

« L’égalité est possible. Elle arrivera un jour, mais il y a des préalables. Et le principal, c’est la formation. On ne peut pas promouvoir une égalité et faire du favoritisme. Nous souhaitons que ce soit une égalité des chances. Que toutes les femmes qui ont le même niveau que les hommes puissent accéder aux postes de responsabilité. Il est donc question de promouvoir l’accès des femmes à certains métiers techniques en les encourageant à se lancer dans les filières qui ouvrent les portes à ces emplois».

Anne Pelagie Tendong: « L’homme est privilégié »

Coordinatrice de l’association « Ladies Circle »

« Ce n’est pas un hasard si les Nations unies ont décidé d’adopter ce thème spécifiquement lié au travail. Les femmes subissent des discriminations dans le monde du travail. A compétence égale, c’est généralement l’homme qui est privilégié. Je crois que les Nations unies interpellent une fois de plus l’opinion internationale afin que des débats soient menés et des solutions durables soient trouvées. Solutions qui vont permettre la construction d’un monde équitable».

Marie-Madeleine Nga: « Nous devons changer nos mentalités»

Coordonnatrice PNDP

« Au Cameroun, nous avons déjà une situation encourageante pour les femmes. Regardez le nombre de femmes qui sont promues dans l’armée, ou dans l’administration. De plus en plus de dames occupent des postes réservés uniquement aux hommes depuis des années. Il faut maintenant que les femmes prouvent qu’elles sont à la hauteur. C’est le défi à relever pour que nos filles vivent ce 50-50 dans le milieu professionnel en 2030. Il faut donc un changement de mentalités en rapport avec nos clichés culturels qui perdurent».

Lucie Mbessa: « La société est complémentaire »

Cadre MINATD

« Le problème qui se pose aujourd’hui, c’est comment concilier la vie professionnelle et familiale. La parité dans le milieu du travail est possible. Mais pas dans tous les domaines professionnels. Car quoi qu’on dise, il y a des milieux dans lesquels les femmes ne peuvent pas exercer. Il faudrait peut-être faire un choix, déléguer certains métiers aux femmes. La société, c’est une complémentarité. Il ne faut pas que les femmes se bourrent la tête à vouloir à tout prix être au même pied d’égalité que les hommes».


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