Ecole nationale supérieure Polytechnique: le savoir-faire en vitrine


La 20e édition de la semaine de l’étudiant ouverte hier à Yaoundé.

16 ans ! Voilà la moyenne d’âge à l’entrée de l’Ecole nationale supérieure Polytechnique (ENSP). A la sortie, c’est 21 ans ! « Cette jeunesse…n’est cependant pas indicatrice d’une quelconque immaturité », a prévenu hier Boris Fotsa, président de l’association des étudiants. Si ces jeunes sont à Polytechnique, c’est qu’ils sont les meilleurs. La semaine du polytechnicien, depuis 20 ans, permet de fixer les projeteurs sur le savoir-faire des apprenants, établir les contacts avec les entreprises et réfléchir sur une problématique qui interpelle les futurs ingénieurs. Pour la présente édition, le secteur agricole a retenu l’attention. « Le polytechnicien, levier du développement agricole » est le thème de la semaine.

Un secteur-clé pour le Cameroun, riche en potentiel. Le polytechnicien détient la clé de la révolution. L’innovation pourrait venir du polytechnicien, lui qui a le secret de la modernisation du machinisme agricole et de la transformation des produits. Les étudiants se disent engagés à réussir en regardant leurs aînés, leurs modèles. Mounouna Foutsou, ministre de la Jeunesse et de l’Education civique en est un. En le désignant comme parrain de la 20e  semaine du polytechnicien, les apprenants affirment qu’il représente « l’une des plus belles illustrations de la grandeur de l’ENSP ». Mounouna Foutsou est  ingénieur de génie civil de la promotion 1991.  « Nous avons le devoir, non pas de vous égaler, ni vous ressembler, mais faire beaucoup mieux que vous », tel est l’ambition clairement affichée hier par le président des étudiants dans son discours de circonstance.

En visitant les stands, le public a pu mesurer  la sincérité de cet engagement. Habib Nahouta, a présenté « Guidekit », un projet encore en incubation, mais suffisamment avancé qui va bientôt permettre aux aveugles de se déplacer sans la canne blanche, mais avec une sorte de lunette intelligente, dotée d’un système vidéo qui agit comme l’œil humain. Le promoteur est en Génie civil, mais la compétence du polytechnicien n’a pas de frontière ! Et c’est tout l’espoir placé en eux, même si dans l’échange avec leurs aînés, on a perçu une inquiétude par rapport à l’avenir. Mounouna Foutsou, Jean-Claude Mbwentchou, ministre du Développement urbain et de l’Habitat ou Louis-Max Ohandja, secrétaire d’Etat au ministère des Travaux publics, tous des anciens polytechniciens, ont rassuré : le polytechnicien d’aujourd’hui et de demain est un créateur d’emplois.

Réactions

Mounouna Foutsou: « J’ai répondu à un devoir de tradition »

Parrain de « La semaine du polytechnicien ».

« En tant que parrain, j’ai répondu à un devoir de tradition. Il est question d’apporter notre expérience d’aîné et de pérenniser l’esprit polytechnicien. Je me suis plié à cette tradition avec d’autres polytechniciens. Je suis impressionné par leur jeunesse et leur maturité. Ils savent ce qu’ils peuvent apporter à la République. Avec le thème, on comprend qu’ils sont au courant des enjeux de l’heure en matière de développement. L’inquiétude par rapport à l’avenir est une situation générale des jeunes, y compris les futurs ingénieurs. En tant que ministre en charge de la Jeunesse, je suis venu ici avec les projets gouvernementaux qui permettent de rassurer en termes d’opportunités d’insertion socio-professionnelle ».

 Boris Fotsa: « Nous sommes conscients des attentes placées en nous

Président des étudiants.

« Il est question pour nous de montrer notre engagement à contribuer au développement de notre pays. Il ne faut pas l’oublier, l’ENSP est un concentré des meilleurs étudiants sortis du secondaire du Cameroun. L’Etat ne peut attendre qu’une chose de nous : contribuer à l’innovation technologique. Cette semaine nous donne l’opportunité de montrer que nous sommes conscients des attentes placées en nous et que nous sommes sur la bonne voie. Les projets que nous allons présenter le montrent à suffisance. Notre école innove dans tous les domaines »

Louise Pohdi Bonix: « La femme a un plus »

Etudiante.

« L’ENSP forme les élites de demain et la jeune fille ne saurait y développer des complexes d’infériorité. Ici, nous sommes des futurs ingénieurs, ceux qui détiennent les solutions, un point c’est tout. Moi personnellement, je suis consciente que la femme a un plus : l’intelligence fine. C’est elle qui apporte la touche d’excellence. Dans le chantier de construction du Cameroun, je rêve être un ingénieur de terrain, un conducteur des travaux dans une entreprise, c’est-à-dire celui qui tient les commandes, qui manage, organise, qui se rassure que tout est fait dans les délais et correctement. Dans ce domaine, les femmes sont meilleures que les hommes.»


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