1) Pourquoi la Commission nationale pour la Promotion du Bilinguisme et du multiculturalisme ?
La Commission est créée pour renforcer la pratique du bilinguisme, une option inscrite dans la Loi fondamentale. Le chef de l’Etat qui est garant de la Constitution a toujours considéré le bilinguisme comme un héritage et une richesse à préserver. Au même titre que nos traditions et cultures séculaires. En un mot comme en mille, cette Commission est la réponse du chef de l’Etat à la promesse faite lors de son discours du nouvel an à la Nation, le 31 décembre dernier.
2) Cette Commission annule-t-elle le Comité ad hoc chargé de la résolution des revendications anglophones ?
Cette Commission est le deuxième niveau de réponse aux doléances des enseignants et avocats anglophones, qui ont soulevé des problèmes spécifiques liés au sous-système éducatif anglophone et la non-traduction de certains textes en anglais. Les membres du Comité ad hoc chargé de la résolution des revendications des enseignants anglophones, par exemple, ont bien examiné et fait des propositions appropriées à cet effet. Cette Commission est une chance de progresser dans la résolution de certains problèmes réels qui ont dépassé le seul cadre de Comités ad hoc.
3) Ce que cette commission n’est pas…
Ce n’est pas une Commission chargée de régler les problèmes politiques comme ce fut le cas lors de la Tripartite. Cette Commission vient combler un vide. Elle n’institue pas non plus le poste de médiateur de la République comme cela est constaté sous d’autres cieux. Bien qu’elle puisse, le cas échéant, jouer un rôle de médiation pour des problèmes spécifiques.
4) Quel est l’objectif visé par cette Commission ?
Le double objectif recherché est qu’à terme, tous les Camerounais, qu’ils soient de la partie francophone ou anglophone du pays, soient parfaitement bilingues. Et qu’ils ne perdent pas non plus de vue la promotion de leurs propres langues nationales respectives. Le français et l’anglais doivent être des langues vivantes et parlées, aussi bien dans les services publics que privés.
5) Qu’est-ce qui est attendu des Camerounais ?
Chacun, à son niveau, doit prendre conscience de l’importance de maîtriser les deux langues officielles du pays, à savoir le français et l’anglais et qu’il déploie en même temps des efforts pour parler d’autres langues nationales en dehors de sa propre langue maternelle.
6 – Quelle est la différence entre le bilinguisme et le multiculturalisme ?
Le bilinguisme se définit comme la coexistence de deux langues officielles dans un même Etat. Inscrit en marbre dans la Constitution, le bilinguisme camerounais est un choix fondamental basé sur l’usage du français et de l’anglais, les deux langues officielles issues du double héritage historique et culturel franco-britannique. Depuis l’accession du pays à la souveraineté internationale, la pratique du bilinguisme est courante dans l’administration, l’enseignement, les médias et d’autres aspects de la vie nationale, malgré des imperfections à corriger. Quant au multiculturalisme, il désigne, au sens étymologique du terme, la coexistence de plusieurs cultures dans une même société ou dans un même pays. Cette notion met en exergue la diversité culturelle (ethnies, arts, traditions, langues, religions…) comme source d’enrichissement de la société en même temps qu’elle sublime les vertus du vivre ensemble, participant ainsi à l’expression des particularités culturelles et à la lutte contre toutes formes de discriminations susceptibles de porter atteinte à l’unité et à l’intégration nationales. Le multiculturalisme peut aussi désigner les différentes politiques volontaristes visant à assurer un statut social égal aux membres des diverses cultures dans une même ensemble.
7 – Qu’est-ce qui va changer avec la Commission ?
La création de la Commission va contribuer à enraciner davantage l’usage du bilinguisme français-anglais dans la société. Jusqu’ici, les deux langues officielles étaient en principe reconnues et utilisées à égalité dans l’administration, l’éducation, le commerce ou les médias. Mais dans les faits, il y a comme un malaise chez les anglophones qui se plaignent de la trop grande prépondérance du français. Il sera désormais question de passer d’un bilinguisme partiel, voire de façade à un bilinguisme intégral dans tous les aspects de la vie courante, y compris dans les textes administratifs, les bâtiments publics, la signalisation routière, etc. A terme, les employés du Service public devraient maîtriser l’usage des deux langues officielles.
8 – Qui peut saisir la Commission ?
En tant qu’un organe consultatif doté de la personnalité morale, la Commission peut recevoir toute requête émanant des personnes victimes des discriminations fondées sur l’irrespect des dispositions constitutionnelles relatives au bilinguisme et au multiculturalisme.
9 – La Commission remplace-t-elle d’autres structures en charge de la promotion
du bilinguisme ?
Non, d’autres structures en charge de la promotion du bilinguisme vont continuer à fonctionner normalement. La structure publique la plus connue c’est le Programme national de formation bilingue rattaché à la Présidence de la République.
10 – Ce qui est attendu du secteur non-étatique ?
Même si le rôle de l’Etat est central, la promotion du bilinguisme n’est pas seulement une affaire publique. L’usage du bilinguisme doit pénétrer toutes les strates de la société, y compris dans le secteur non étatique. Beaucoup d’initiatives privées se sont multipliées au cours des dernières années.