Dette publique du Cameroun: toujours viable


La Caisse autonome d’amortissement vient de publier sa 18e note de conjoncture trimestrielle, la deuxième pour 2017.

La CEMAC demeure dans un cycle économique difficile, ayant conduit les chefs d’Etat à conclure un programme avec le Fonds monétaire international en vue de remédier à ces difficultés. Au Cameroun, la mise en œuvre efficace de ce programme induit de nombreuses contraintes, notamment en matière de gestion de la dette publique. C’est la situation de cette dette que la Caisse autonome d’amortissement (CAA), structure en charge de sa gestion, présente dans le 18e numéro de sa note de conjoncture. Dans cette publication trimestrielle, Richard Evina Obam, le directeur général précise qu’il est question de mettre à la disposition des acteurs, « des informations utiles pour une gestion optimale de l’endettement ».

Ainsi donc, au 30 juin 2017, la dette totale du Cameroun est évaluée à 5 464 milliards de F, soit 30,6% du produit intérieur brut (PIB). Un endettement qui connaît une hausse de 0,5% par rapport au premier trimestre, et de 12,5% par rapport à la même période en 2016. Les nouveaux engagements de l’Etat, à travers 12 conventions de financement pour un montant global de plus de 1000 milliards de F y sont sans doute pour quelque chose. Mais une fois de plus, on déplore le faible taux de décaissement des sommes mises à la disposition du Cameroun par les partenaires au développement. Selon le document de la CAA, « au 30 juin 2017, les soldes engagés non décaissés sont évalués à 5 142 milliards ». En clair, seulement 239 milliards de F effectivement décaissés sur les près de 5 500 milliards disponibles.  Pour ce qui est du service de la dette, à la période de référence, le Cameroun a déboursé 130,9 milliards pour les remboursements tant à l’extérieur qu’en interne. Un service en hausse de 12,7% par rapport au premier trimestre, mais en baisse de 6,3% par rapport à la même période en 2016.

Malgré l’importance de l’enveloppe de la dette contractée par l’Etat, la CAA, via son comité d’analyse de viabilité de la dette, estime que le Cameroun reste viable, « avec un risque de surendettement modéré ». Elle s’appuie pour cela sur des éléments tels que le taux de croissance estimé en 2017 à 4,1% et soutenu par un PIB non pétrolier qui se porte plutôt bien (4,3%), et un taux de croissance moyen tournant autour de 5% sur le long et le moyen terme.

Cependant, le Cameroun devra faire attention à ne pas dépasser son plafond d’endettement pour 2017. A l’extérieur par exemple, sur les 1700 milliards que le pays pouvait emprunter après l’ordonnance du chef de l’Etat de mai dernier, il ne reste plus 200 milliards jusqu’en décembre. Sur le plan interne la CAA indique que « la mobilisation du financement devrait également tenir compte de la capacité d’absorption, mais aussi des appuis budgétaires d’environ 370 milliards de F attendus d’ici la fin de l’année ».


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