Communication: qui parle au nom des partis ?

L’organisation mise en place n’empêche pas toujours certains militants de prendre des libertés et de s’exprimer sur certains sujets.

La communication est incontestablement l’un des domaines dans lequel la démocratie camerounaise a enregistré ses premiers et plus grands succès. La promulgation des lois de 1990 sur la communication sociale a laissé le champ à l’éclosion de divers organes (tous secteurs confondus). Ce qui donne la latitude aux acteurs politiques d’exprimer leurs positions sur de nombreux sujets de l’actualité nationale et même internationale. Les espaces médiatiques sont depuis lors « envahis » par ceux qui ont des opinions à faire connaître. Au rang de ceux-ci, des hommes politiques. Est-ce pour autant que leurs avis émis sont toujours en conformité avec la ligne directrice des formations politiques dont ils se réclament être des représentants ? Pas toujours. Dans des partis politiques où la communication est pour la plupart du temps peu ou pas organisée, les militants se donnent de plus en plus de libertés. La nature ayant horreur du vide, ces « communicateurs » occasionnels ont tôt fait d’occuper ces espaces laissés « vacants ». Au risque de s’inscrire en porte-à-faux avec la ligne directrice du parti. De nombreux exemples en la matière existent. La crise née des revendications des syndicats d’avocats et enseignants des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, le récent malaise autour de l’élection de l’exécutif municipal de Yaoundé VI, et bien d’autres ont souvent amené à voir des militants, et non des moindres, prendre des positions qui ne sont pas toujours celles défendues par les partis au nom desquels ils s’expriment.

Ces exemples de dysfonctionnement peuvent être multipliés à suffisance et concernent aussi bien le RDPC que le SDF, l’UNDP, l’UDC, l’UPC ou d’autres partis politiques.

Pourtant, des quelques 300 partis politiques de la scène camerounaise, l’organisation de ceux-ci accorde une place prépondérante à la communication. Il suffit d’observer l’organisation des principaux partis pour voir que la communication en leur sein apparaît comme un outil fondamental du jeu politique. « Secrétariat à la communication » est l’appellation consacrée pour la plupart d’entre eux. Au RDPC, selon les dispositions de l’article 25 des statuts de cette formation politique, le secrétariat à la communication, est une structure du Comité central, qui est chargé d’assurer la direction du parti sous la responsabilité du président national. Il s’agit de l’un des sept secrétariats que compte le Comité central de ce parti. Bien plus, il est doté d’une direction des organes de presse, de l’information et de la propagande (DOPIP), dont le directeur assure également les fonctions de directeur de la Rédaction de l’hebdomadaire L’Action, ayant pour directeur de publication, le secrétaire général du Comité central. Le SDF n’est pas en reste. Outre son secrétariat à la communication, le parti vient de relancer sa publication, « SDF Echos ». Ces secrétariats à la communication existent aussi bien à l’UDC, l’UNDP ou dans les autres partis politiques, si l’on ne prend que le cas de ceux représentés au niveau des deux chambres du parlement. Même si ici comme dans des partis comme l’AFP, on reconnaît que ces secrétariats à la communication ne sont que des relais du parti. Le premier responsable de la communication étant le président national du parti.

Reactions

Pr. Jacques Fame Ndongo: « La communication, au sein du RDPC est cohérente »

Secrétaire à la communication du RDPC.

« La communication du RDPC a des voix statutaires. D’abord et au-dessus de nous tous, le président national, Son Excellence Paul BIYA, qui est l’autorité suprême de cette communication politique, notamment en matière de conception fondamentale, de vision politique et d’orientation stratégique. Ensuite, M. le Secrétaire général du Comité central du RDPC, le camarade Jean Nkuété, qui relaie régulièrement les très hautes directives du Président national et gère au plan opérationnel la communication de notre Parti (il est le Directeur de publication du journal L’Action et l’éditeur des divers supports de communication du Parti). Troisièmement, votre humble serviteur qui est au contact direct des médias classiques et cybernétiques en particulier et de l’opinion publique en général.

Mais, l’on ne peut guère exclure de ce champ de compétence les deux adjoints de M. le secrétaire général du Comité central, les autres secrétaires du Comité central du RDPC, les Conseillers de M. le secrétaire général du Comité central, les ministres et hauts responsables, les membres du Bureau politique ou du Comité central, les chefs et membres des délégations permanentes régionales, des délégations départementales, les présidents de section (qui sont les chefs politiques locaux) ainsi que tous les responsables des sous-sections, comités de base, cellules, les députés, sénateurs, maires du RDPC et bon nombre de relais d’opinion connaissant parfaitement les textes de base ou les idéaux du Parti et mus par la seule volonté d’optimiser l’image du RDPC.

De toute évidence, la communication, au sein du RDPC est cohérente, plurielle et responsable. Elle n’a pas pour objectif de faire le lit de la cacophonie, des égos exacerbés, du nombrilisme ou de la fantasmagorie. Premier communicant du RDPC, le président Paul BIYA a la parole dense, sobre, précise, concise et réfléchie ».

Beatrice Anembom Monju: « National Chairman Is Official Mouthpiece of SDF »

National Secretary for Communication of the Social Democratic Front (SDF)

«Taking the case of the Social Democratic Front, the National Chairman is the official mouthpiece of the party. At the Communication Secretariat, we only pass on information to party militants and the general public. The information can either come from the National Executive Council (NEC) or from the National Chairman. Other officials of the party do  not have the right to communication on behalf of the SDF, except they are mandated either by the National Chairman or NEC. Press releases are written by a group of people mandated by the Chairiman and once they are ready, the press releases still go back to the Chairman for validation. The Communication Secretariat also passes down information through the communication structures of the party right down the wards. »

Alice Sadio: « The President Can Delegate Powers »

National President of the Alliance of Progressive Forces (APF)

«The National President of the APF is the official person who has the authority to speak on behalf of the party. The communication department only organises the communication. The party leader may ask officials of the communication department to prepare press releases that are validated by the party president before they are disseminated. The president of the party may also delegate powers to other party officials taking into consideration their specialities in relation to the topic. As a political leader in fast evolving information and communication technology era, the party president can decide to use any medium to communicate  and once that is done, the declaration becomes the party’s poistion. All other officials and members have to abide by the position. »

Kuma Peter Kombain: « National President Is The First Personality »

Director of the National Union for Democracy and Progress (NUDP) headquarters and Assistant National Communication Secretary

« With the NUDP, the National President is the first personality who can speak on behalf of the party. He can delegate powers to the National Secretariat for Communication when he is absent. The National President can also delegate powers to  other specialised secretariats of the party depending on the burning national or international issues under discussion. For the Central Committee of the NUDP, the spokesperson is the Secretary General. The National Secretary for Communication has the permanent duty to run the communication organs  and programmes of the party. »

0 Comments

Leave a Reply

XHTML: You can use these tags: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>