Communication des partis politiques: nécessaires recadrages

COMMENTAIRE.

Certains faits de l’actualité récente au Cameroun ou ailleurs ont donné à voir comment les partis politiques ou, mieux encore, leurs militants s’expriment sur ces sujets. Véritable champ d’expression des libertés, le Cameroun donne donc à voir et entendre. Pas toujours dans le bon sens. Ou plus exactement, pas toujours pour exprimer les positions qui sont celles des structures dont on se réclame. S’il est vrai que tout parti politique, comme toute organisation a besoin de communiquer, il devient donc impératif de procéder à un recadrage de la communication sur le terrain politique. Tous les spécialistes en la matière le reconnaissent : depuis les années cinquante, la communication est devenue un rouage incontournable de la stratégie politique. Au point où certains en viennent à affirmer qu’il n’y a pas de démocratie sans communication politique. Comme on le constate, la communication dans les partis politiques ici comme ailleurs représente un enjeu de taille. Elle mérite donc d’être bien conçue et bien conduite. Le champ de libertés qui est celui de l’espace politique camerounais peut sans doute laisser croire à un abandon de la communication au sein des formations politiques. Ce qui n’est heureusement pas le cas. La plupart de ceux-ci ont compris l’intérêt et l’enjeu de cet outil. S’ils ne peuvent pas interdire à leurs militants de s’exprimer, ils tiennent néanmoins à en assurer le contrôle.

Le retour à l’ordre ancien semble aujourd’hui impensable, mais les partis politiques, comme la plupart des organisations, se veulent des structures organisées. Ou chaque responsable a un rôle à jouer. La communication n’étant pas le moins important. L’on constate toutefois, que dans le contexte camerounais, en dehors des cadres établis, les principales formations politiques ne prennent pas toujours les devants face à certains problèmes. On peut saluer ici la décision qui avait été celle du RDPC, au début de la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, de dépêcher sur le terrain son principal responsable administratif. On peut encore relever sa prompte réaction à la suite de la décision du président de la République d’ordonner l’arrêt des poursuites contre certaines personnes mises en cause dans les actes de violence qui ont émaillé ce regrettable épisode. Des attitudes qui indiquent clairement la position du parti sur un sujet national dont l’importance n’est plus à démontrer. La démarche sans équivoque a le don de donner le ton et la position du parti, ne laissant aucune place à aucun égarement ou interprétation fallacieuse de quelque militant que ce soit. C’est sans doute l’attitude qui est la plus attendue des partis politiques de la scène nationale. Ceux-ci doivent plus que jamais anticiper sur les réactions des militants, afin de couper court à tout dérapage.

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