Victoire étriquée mais précieuse pour l’Egypte

Le premier match de la 32è édition de la Coupe d’Afrique des nations 2019 qui a opposé vendredi dernier l’Egypte au Zimbabwe au Stade international du Caire semblait déséquilibré sur le papier. Avec d’un côté les Pharaons avec leurs nombreuses couronnes continentales et de l’autre les Warriors considérés comme des novices en la matière.

Là où beaucoup prévoyaient un panier de buts, le résultat étriqué qui a sanctionné la partie prouve à suffisance que la vérité du terrain est au-dessus de toutes les supputations.  Le tournant de la rencontre est intervenu  à la 41è minute alors qu’on s’achemine vers la fin la première manche. alors que toutes les tentatives s’étaient avérées vaines jusque-là, Mahmoud  Hassan Trezeguet déborde sur le côté gauche, le long de la ligne de touche, drible son vis-à-vis et revient vers l’intérieur où il trouve Elnery dont la complicité lui sera précieuse dans le une-deux qui débouche sur une belle frappe enroulée du droit pour ouvrir le score. Un but inespéré qui vient presque délivrer qui ne cachait plus son impatience devant le cours des événements. 

Et pour en arriver là que de péripéties ! Pressé l’en finir au plus vite, l’Egypte a démarré la rencontre sur les chapeaux de roue, exerçant un pressing très haut dans le camp adverse totalement assiégé dès les premières minutes. Tour à tour, Mohammed Salah et Marwan Mohsen soumettent à rude épreuve Edmore Sibanda, le gardien de but du  Zimbabwe dont les  multiples parades ont longtemps sauvé son équipe du naufrage, retardant du coup l’échéance.

Après avoir laissé passer l’orage, l’adversaire est sorti progressivement de sa coquille pour mener des contre-attaques et autres raids sporadiques qui ont parfois mis à mal l’arrière-garde égyptienne et semé le doute dans certains esprits. Même si le match est paru plus équilibré après la demi-heure de jeu, la possession de la balle et les meilleures actions ont été egyptiennes, le Zimbabwé réagissant par a-coups sans se donner visiblement les moyens de renverser la vapeur.

Bien que dominateurs, les pharaons ont fait preuve de maladresses et d’absence de précision et de réalisme devant les buts. La victoire est certes au bout du compte et les trois points engrangés s’avèrent précieux en ce début de compétition. On attendait beaucoup de la vedette de Liverpool mais c’est son coéquipier qui a plus marqué les esprits. C’est la preuve que l’équipe regorge de talents mais il en faudra un peu plus aux poulains du coach méxicain Javier Aguire pour affronter dans les prochains jours les autres adversaires du groupe A que sont la RDC et le Burundi.

Pour le reste, c’est un public des grands jours qui s’est mobilisé plusieurs heures avant le coup d’envoi pour assister au spectacle captivant de la cérémonie d’ouverture. Nul doute que la capacité d’accueil de 75000 places a été largement dépassée à cette occasion. Sons et lumière étaient au rendez-vous, avec en arrière-plan un décor somptueux mettant en exergue le passé prestigieux du pays, ainsi que le rayonnement et l’enracinement d’une culture millénaire. 

Une occasion aussi exceptionnelle, l’Egypte l’attendait depuis la dernière CAN organisée à domicile en 1986. Presqu’une éternité dans un pays où le football est une passion largement partagée par des millions de supporters que drainent l’équipe nationale ainsi que les grands clubs dont la réputation n’est plus à faire. Pour cette célébration unique, l’Egypte a mis les petits plats dans les grands en laissant libre cours à la solennité qui sied à pareil événement.

D’où la présence du président egyptien Abdel Fattah al-Sissi ainsi que d’autres personnalités de premier plan comme les présidents de la CAF, Ahmad Ahmad  et de la FIFA, Gianni Infantino. Le privilège de diriger le premier match est revenu à l’arbitre camerounais Alioum Alioum. Un heureux présage peut-être ?

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CAN féminine de volley-ball : deuxième victoire pour les Lionnes

Après sa victoire sur le Botswana, c’est également sur le score de 3 sets à 0 que le Cameroun a dominé l’Algérie hier après-midi au gymnase du 6 octobre. Une deuxième victoire consécutive qui ouvre les portes des demi-finales de cette 19e édition du championnat d’Afrique de volley-ball féminin à Christelle Nana et ses coéquipières. Au total, les Camerounaises auront joué pendant 65 minutes pour venir à bout des Algériennes. 

En effet, le premier set a duré 23 minutes. Si l’Algérie a été la première à franchir la marque du premier temps mort technique, ce ne sera pas le cas pour le deuxième, puisque le Cameroun a renversé la tendance. Les filles du coach Jean René Akono l’ont d’ailleurs gagné par 25 à 21. Au second set, les Camerounaises ont largement dominé les Algériennes en 16 minutes, par 25 à 5. C’est au troisième set que les Algériennes essayeront de mettre les Camerounaises en difficulté. Elles seront les premières à franchir les marques des deux temps morts techniques. Il faudra de la ressource aux coéquipières de Christelle Nana pour gagner ce troisième set par 26-24, après 26 minutes de jeu. C’était d’ailleurs le set le plus long de la rencontre. 

Du fait de cette victoire rapide, la sélection nationale arrivera fraîche cet après-midi au gymnase du 6 octobre. Face au Kenya en fin de journée, ce facteur aura toute son importance. Le vainqueur de ce dernier match de poule occupera la première position dans le groupe B et son adversaire, la deuxième. Le Kenya a également gagné ses deux premiers matches. Il y aura sans doute une envie de revanche chez les Kenyanes. Un remake de la finale d’il y a deux ans. Le Cameroun s’était imposé par 3 sets à 0.

« Le Cameroun est parmi les cinq premiers pays africains »

Céline Eko,   Présidente de la commission ad hoc pour le football féminin à la Fédération camerounaise de football.

Pour le compte du Cameroun, vous avez participé du 5 au 6 mars dernier à Marrakech au Symposium du football féminin de la Confédération africaine de football (CAF). Quelles sont les thématiques qui y ont été débattues ?

La CAF a proposé sept thèmes à débattre en ateliers. Le premier point était une réflexion portant sur les moyens d’élargissement de la pratique du football féminin. Dans le deuxième thème, il était question de l’amélioration de la formation technique des entraîneurs, des arbitres et des recruteurs. Ensuite, il s’est tenu une discussion sur les moyens de développement du sponsoring. Egalement, nous avons planché sur les réalités et les perspectives de la compétition, la conception de la gouvernance du football féminin, le rôle du football féminin dans la promotion du genre, la place des médias et de la communication dans la dynamisation du football féminin.

Quelle a été la contribution du Cameroun au cours de ces travaux?

Notre pays a fait la proposition de la création d’une éventuelle Ligue des champions féminine. Comme seconde proposition, nous avons demandé à la CAF de s’accorder avec la FIFA au sujet des transferts des joueuses. On s’est dit que lorsqu’une une joueuse signe un contrat, il faudrait que le club formateur puisse bénéficier ne serait-ce que d’une petite part dans l’indemnité de transfert. Ces propositions ont été prises en compte et rendez-vous a été donné au mois d’avril au Ghana pour la synthèse des thèmes débattus.

Peut-on affirmer aujourd’hui qu’il existe un réel frémissement dans l’univers du football féminin en Afrique ?

Dans le milieu du football féminin en Afrique, en dehors de l’Afrique du Sud, aucun autre pays n’est suffisamment outillé. C’est la raison pour laquelle ce symposium était très important et fructueux pour les 54 fédérations africaines. Nous avons parlé tous d’une même voix et nous espérons que toutes nos doléances seront prises en considération.

A l’échelle africaine, à quel niveau se situe le football féminin camerounais?

Le football féminin au Cameroun est très avancé. Ce qui va peut-être vous surprendre. Sans exagérer et avec modestie, je peux vous dire qu’à Marrakech, le Cameroun, en matière d’évolution du football féminin, faisait partie des cinq premiers pays africains. Grande a été ma propre surprise de savoir que certaines fédérations n’avaient que deux ou trois clubs féminins. Dans certains cas, des associations en charge du foot féminin n’existaient pas.

Entraîneurs de football : la direction technique forme

Jusqu’à la fin de cette semaine, le Centre d’excellence de la CAF de Mbankomo accueille une vingtaine de techniciens de football sous la houlette de la Direction technique nationale (DTN) de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot). Essentiellement des entraîneurs de Ligue 1 et des sélectionneurs nationaux de diverses catégories. Un rassemblement qui ne doit rien au hasard puisqu’il s’agit d’un séminaire de recyclage dans la perspective de la prochaine saison. L’idée pour Seidou Mbombo Njoya, président de la Fecafoot en ouvrant les travaux lundi dernier, est de fournir toutes les armes à ces acteurs incontournables afin qu’ils puissent remplir leurs missions. A savoir « relever le niveau de notre football et maintenir la notoriété de nos équipes nationales au niveau continental et mondial », selon le président de la Fecafoot.

Ce recyclage apparaît pour la DTN de Joseph Noah, comme le point de départ d’un projet plus vaste dont la finalité est de fournir au football camerounais une identité propre. Dans ce sens, la mise sur pied d’une plateforme de concertation et d’échanges a été fortement recommandée par Seidou Mbombo Njoya. Aura-t-on droit à une nouvelle configuration de nos équipes sur les plans technique et tactique au sortir de cette semaine de formation ? Seul l’avenir nous le dira.

Cameroun-Guinée-Bissau: Le match-piège parfait

L’équipe du Cameroun fait ce mardi, 25 juin 2019 son entrée dans la CAN 2019 par un match qui aurait pu prendre, en d’autres circonstances, des allures d’un hors-d’oeuvre. Car sur le papier, l’affiche qui l’oppose ce soir les Lions à la sélection nationale de Guinée- Bissau semble très déséquilibrée. Avec d’un côté le champion d’Afrique en titre et de l’autre un adversaire sans grande référence dans la compétition. Ce qui fait dire à certains observateurs que les Camerounais ne pouvaient pas rêver meilleure entrée en matière puisqu’ils affrontent en premier, l’adversaire considéré comme le plus faible du groupe avant d’être confronté à des oppositions plus tenaces.

Certes le Bénin, et surtout le Ghana, équipes du groupe, semblent plus coriaces mais Clarence Seedorf et les siens auraient tort de prendre à la légère la Guinée-Bissau qui est une vieille connaissance n’ayant pas laissé que de bons souvenirs aux Lions.

L’on se souvient qu’à la Coupe d’Afrique des nations 2017, les Lions avaient beaucoup peiné lors du deuxième match face au même adversaire qui s’était même permis le luxe de mener au score. Il avait fallu un sursaut d’orgueil aux futurs champions d’Afrique pour faire basculer la rencontre à leur avantage. Le hasard a voulu que les deux protagonistes se retrouvent deux ans plus tard. Une occasion de plus pour solder les comptes. Logiquement, le Cameroun part favori avec une équipe largement remaniée et des nouvelles certitudes. Mais au-delà de la bataille d’égo sur fond de suprématie à confirmer, le principal enjeu de cette confrontation reste la conquête des trois points en cas de victoire. Dans ce type de tournoi, le premier match est celui qui donne le ton pour la suite. Hier, les Lions ont effectué une reconnaissance officielle de la pelouse, suivie de la traditionnelle conférence d’avantmatch des équipes. Si le Cameroun peut compter sur des individualités au palmarès éloquent, l’adversaire va s’appuyer davantage sur un collectif bien huilé, des éléments rapides balle au pied et qui abdiquent rarement. Le match pourrait se débloquer à l’expérience, sur des petits détails.