Construction des infrastructures sanitaires: pression sur les entreprises impliquées

Le secrétaire d’Etat à la Santé publique a fait, lundi dernier, les tours de différents chantiers à Garoua.

A quelques mois du délai de la clôture de financement du projet de réhabilitation et de construction des structures sanitaires au Cameroun, dans le cadre du programme conjoint ministère de la Santé publique (Minsanté), Agence française de Développement (Afd) et la Banque de développement allemande (Kfw), qui vise l’amélioration de la gouvernance du système de santé ainsi que l’accessibilité et la qualité de l’offre de soins, c’est le branle-bas partout. Les acteurs impliqués dans ce programme s’activent pour respecter les délais prescrits dans les cahiers de charge.

Lundi dernier, le secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Santé publique chargé des épidémies et des pandémies, Alim Garga Hayatou, a aussi effectué le déplacement de Garoua, pour s’enquérir de l’avancée des travaux sur le terrain. Il s’est notamment rendu tour à tour à Lagdo, Badjengo et Nankong, dans le département de la Bénoué.

A Lagdo, une localité située à une soixantaine de kilomètres de Garoua, le Secrétaire d’Etat s’est arrêté au Centre de santé intégré de Djipporde et à l’Hôpital de district de Lagdo, deux formations sanitaires qui ont bénéficié de ce programme. Dans ces chantiers, l’on a remarqué que certains travaux sont déjà livrés et d’autres en phase de finition.

A Nankong, un village situé à 15 Km de Garoua, Alim Garga Hayatou a visité également le centre de santé intégré de cette localité où il s’est dégagé le même constat qu’à Lagdo. Par contre à Badjengo, localité située à 20 Km de Garoua, sur la route nationale N°1, les choses semblent ne pas évoluer de ce côté-là, selon le constat du Secrétaire d’Etat.

En effet, l’entreprise adjudicataire traine encore le pas. Et l’on craint que les travaux dans ce chantier ne soient livrés à temps. D’où le courroux du membre du gouvernement, qui n’est pas allé par quatre chemins pour exprimer son exaspération.

Hier en matinée, une réunion interrégionale de suivi physico financier des chantiers financés par le programme conjoint s’est tenue à Garoua, en présence de toutes les parties. Il ressort de cette concertation que les entreprises défaillantes doivent être déchues et sanctionnées.

Ce matin encore, une autre réunion de débriefing est programmée dans la salle de conférence de la délégation régionale de la Santé publique pour le Nord

Gynécologie: le Chracerh vulgarise la chirurgie endoscopique

Le Centre hospitalier de recherche et d’application en chirurgie endoscopique et reproduction humaine Paul et Chantal Biya (Chracerh) accueille depuis hier, des ateliers pratiques et des sessions d’échanges. C’est dans le cadre du 11e Workshop de chirurgie endoscopique en gynécologie qui se tient jusqu’au 1er mars prochain à Yaoundé. Etudiants en médecine, internes, gynécologues, infirmiers et autres auxiliaires de santé sont venus toucher du doigt les réalités d’une technique que l’on dit révolutionnaire.

A la manœuvre, de grands maîtres de différentes compétences venus de Belgique, des Etats-Unis et d’Iran. Il s’agit précisément du Pr Van Herendael, du Dr A. Shervin et de M.K. Beikpour. Pour cette première journée, des cas pratiques sur vidéo sont diffusés, accompagnés des explications des spécialistes sus évoqués. Ces derniers partagent leurs connaissance et transmettent leur savoir-faire aux nombreux apprenants qui ont pris place dans l’amphithéâtre de la formation hospitalière.

Concrètement, les méandres de la laparoscopie, technique chirurgicale à ventre fermé, sont expliqués aux participants. Sur les vidéos, l’on voit les médecins user des voies génitales basses de leurs patientes pour détacher minutieusement les organes malades et les retirer du corps. Il s’agit entre autres de myomectomie (ablation des myomes), d’hystérectomie (ablation de l’utérus), de l’ovariectomie (ablation des ovaires), de la salpingectomie (ablation des trompes), ou des opérations de prise en charge des adhérences en gynécologie obstétrique. Pour ce faire, des instruments de pointe miniaturisés, dont un endoscope, sont introduits par les voies génitales.

Les yeux rivés sur un écran, le chirurgien découpe les excroissances par petits morceaux avant de les faire sortir du corps de la patiente. Grâce aux équipements les plus récents fournis par les laboratoires Karl Storz, les gestes sont précis. Après cette première journée consacrée à la théorie, ce jour sera essentiellement marqué par le traitement de cas pratiques.

Selon les sommités scientifiques réunies cette semaine à Yaoundé, la chirurgie endoscopique est ce qui se fait de mieux actuellement dans la prise en charge des pathologies de la sphère gynécologique féminine.

Elle permet de traiter certaines formes de stérilité par la libération d’adhérences (accolements anormaux de tissus) formées autour des trompes, des affections des ovaires ou de l’utérus (ablation de kystes ou de fibrome), des grossesses extra-utérines, l’ablation de l’utérus pour des maladies bénignes ou cancéreuses. Moins agressive et in vasive que la chirurgie classique, elle provoque moins de lésions des tissus et se révèle peu gênante pour le malade, qui récupère plus rapidement.

« En revanche, elle nécessite un appareillage important et coûteux, un personnel formé et des chirurgiens ou médecins entraînés. D’où l’importance de la tenue régulière de ces Workshops au Cameroun où plusieurs formations sanitaires sont en train de s’approprier la technique, au-delà du Chracerh où elle est en plein essor. Il est aussi question pour nous, et c’est très important, de former des ressources humaines de qualité dans cette technique, de manière à assurer la relève », souligne le Pr Jean Marie Kasia, directeur général du Chracerh.

Prépavogt: 10 ans sous le signe du succès

L’institut privé d’enseignement supérieur catholique a célébré son 10e anniversaire le 15 décembre dernier à Yaoundé.

«Nous avons encore devant nous beaucoup de travail sur la formation et l’éducation des jeunes ». C’est la préoccupation majeure de Jérôme Carayon, directeur de l’institut supérieur catholique Prépavogt, relayée dans son discours d’ouverture en prélude à la célébration des 10 ans d’existence de cet institut. Une cérémonie officielle présidée par le Pr. Jacques Fame Ndongo, ministre de l’Enseignement supérieur, par ailleurs ancien élève du collège Vogt à Yaoundé.

Etablissements partenaires, promoteurs, parents, enseignants et élèves se sont tous mobilisés à cette occasion. Riche en sons et couleurs, cette célébration est la plus grande mobilisation qu’ait connue l’établissement depuis sa création en 2006. Discussions sur les projets de développement, rendu académique des étudiants camerounais dans les établissements partenaires, et politique d’insertion socioprofessionnelle dans le pays d’origine étaient au menu.

Plusieurs autres événements étaient en marge de cette célébration. 13 enseignants et membres de l’administration ont été décorés par Nestor Dym, sous-préfet de l’arrondissement de Yaoundé III. Comme innovation, la Prépavogt annonce la diversification de ses enseignements.

Avec au départ trois filières de formation, le directeur Jérôme Carayon informe du lancement d’une nouvelle filière dès septembre 2018. La filière Agronomie, Environnement et Géologie sera pour les jeunes bacheliers un parcours qui les initiera aux connaissances fondamentales en biologie, chimie, physique et mathématiques.

L’objectif étant de les conduire progressivement vers de nombreux débouchés notamment l’agronomie, l’agri business, l’agro-industriel et les Btp entre autres.

Ossements humains: un présumé trafiquant aux arrêts

A. Abbo, présumé trafiquant d’ossements humains, est actuellement gardé dans les cellules du Groupement de gendarmerie territoriale à Bonanjo. L’homme a été arrêté samedi 16 mars dernier vers 19h30 au rond-point Deido, en possession d’une cargaison qu’il tentait de livrer. D’après ses déclarations, il est en possession d’ossements humains depuis cinq mois.

De fait, il y a trois mois qu’il a rejoint la capitale économique, en provenance de Banyo dans l’Adamaoua. Arrivé à Douala, il rencontre un certain Amida A. et un nommé Ismaila, des intermédiaires censés l’aider à écouler sa « marchandise ».

Sauf qu’Amida, tradipraticien, n’est pas d’accord ne veut pas être mêlé à cette activité. Il demande d’ailleurs à Abbo de ne plus jamais l’appeler. Mais un mois après, le présumé trafiquant revient à la charge en changeant de voix au téléphone comme un malade qui a besoin des services d’Amida.

Ce dernier lui indique son domicile du côté de Bonabéri, dans l’arrondissement de Douala IV. Sur place, il refait la  proposition au tradipraticien, en lui  proposant 50.000 F par os vendu. Le tradipraticien résout de mettre sur pied un stratagème : en faisant savoir à ce dernier qu’il va contacter un blanc qui à l’habitude de ce type de marchandise.

Le rendez-vous est donc pris pour le rond-point Deido, samedi à 19h30. Malheureusement pour Abbo, au lieu de rencontrer le potentiel client, il va faire face aux gendarmes. Après interrogatoire, une enquête a été ouverte pour tenter de mettre la main sur les autres éléments de la bande.

Pagne du 8 mars: après la fête…

La fièvre du 8 mars est définitivement tombée. Fini les virées diurnes et nocturnes des femmes drapées dans les kabas. Le pagne tant convoité avant la fête devient, dès le lendemain, une tenue des jours ordinaires à Douala. Au marché des femmes de Deido, dans le 1er arrondissement, les kabas non vendus sont toujours visibles et cherchent acquéreurs.

Dans la boutique de Bouba, une vingtaine de pièces sont ainsi accrochées à l’entrée. « Les femmes continuent de demander les kabas. J’ai déjà vendu quatre pièces depuis ce matin avec une réduction de 1000 F par rapport au prix initial », confie-t-il à CT. « Souvent j’en vends jusqu’au mois de décembre, mais je me demande si ce sera le cas cette année », ajoute notre source.

A ses yeux, ce pagne reste valable et surtout accessible à celles et ceux qui, pour une raison ou une autre, n’ont pas pu se l’offrir à temps. Cependant, une bonne partie des femmes s’intéressent de moins en moins au pagne. « Cette année, beaucoup de femmes se sont contentées d’assister aux tables rondes organisées pour la circonstance. Elles n’ont pas acheté le pagne, estimant que la dépense n’est pas pertinente. C’est pour ça que je m’inquiète un peu pour les invendus », indique Bouba.

Quelques mètres plus loin, Monique, commerçante est en négociation avec une cliente intéressée par un kaba d’une valeur de 4 500 F. « Même après le 8 mars le kaba est toujours cher », s’indigne la cliente qui repart aussi tôt. « J’ai fait des réductions de l’ordre de 2000 F sur chaque pièce. On ne peut plus vendre au même prix, puisque la fête est passée », explique Monique B. A Douala, certaines femmes s’accordent à dire que ce pagne n’a de valeur que le jour du 8 mars. « Après la fête, je mets ce pagne pour aller au marché ou rester à la cuisine.

C’est pour cela que je ne me gêne pas à coudre des modèles compliqués. Après le 8 mars, il n’a plus de valeur puisque quand on le met, tout le monde sait que c’est le pagne du 8 mars », explique une cliente. Malgré cette tendance à la dévalorisation symbolique et commerciale, les commerçants espèrent écouler les stocks d’invendus avant la fin de l’année.