Issa Tchiroma Bakary: « Il ne s’agit pas d’un programme d’ajustement structurel »

Les propos liminaires de Issa Tchiroma Bakary, au cours de la conférence de presse organisée hier pour explique le programme économique et financier avec le FMI.

Mesdames, Messieurs les Journalistes,

Je vous ai conviés à la rencontre de ce jour, pour vous communiquer des informations pertinentes sur le programme économique et financier que notre pays vient de mettre sur pied et qui, vous le savez déjà, a obtenu le soutien du Fonds Monétaire International – le FMI – à travers un concours financier connu  sous le nom de Facilité Elargie de Crédit en abrégé FEC.

Je vous souhaite une chaleureuse bienvenue à cette occasion.

Mon propos va s’articuler en trois points, afin de répondre le plus utilement possible aux préoccupations que vous avez exprimées dans vos différents traitements de ce dossier et aussi pour la bonne information de l’opinion publique :

D’abord le contexte, la justification et les objectifs poursuivis par le Programme ; ensuite la consistance du Programme lui-même ; enfin, le rôle du FMI et la nature de la Facilité Elargie de Crédit soutenant le Programme.

S’agissant du premier point, je dirais en rappel que, c’est à l’initiative du Président de la République du Cameroun, Son Excellence Paul BIYA, que les Chefs d’Etats de la CEMAC se sont réunis le 23 décembre 2016 dans le cadre d’un sommet extraordinaire élargi à la Directrice Générale du FMI et au Ministre français de l’Économie et des Finances, pour plancher sur la conjoncture économique et monétaire dans la sous-région.

Au terme de leurs travaux, les Chefs d’États ont adopté 21 résolutions, dont la résolution n°13, invitant les pays de la CEMAC à engager sans délai des négociations avec le FMI, pour mieux structurer leurs efforts de redressement économique, eu égard au choc subi du fait de la baisse drastique des cours du pétrole sur le marché mondial.

En effet, la situation économique des Etats membres de la CEMAC s’était sensiblement détériorée depuis 2014, faisant passer le taux de croissance moyen de la sous-région de 2,1% en 2015 à moins 0,7% en 2016, avec une dette publique représentant en 2015, 34,9% du Produit Intérieur Brut, pour se situer à 44,6% en 2016.

Quant aux réserves, elles passaient de 4 400 milliards de francs CFA en 2015, à 1 900 milliards de francs CFA, soit en termes de mois d’importations, de six à deux mois environ en 2016.

En ce qui concerne le solde extérieur courant, il était resté négatif jusqu’en 2016, se situant à hauteur de moins 10,2%.

Il s’agissait donc pour les Chefs d’Etats, d’amorcer une sortie de crise et de mettre en place les conditions d’une relance vertueuse et durable de leurs économies respectives, avec le concours du FMI, en engageant des efforts dans le double sens national, puis sous régional.

Dans cette optique, le leadership du Chef de l’Etat camerounais aura contribué à diriger une réponse régionale coordonnée, pour maintenir l’intégrité de l’arrangement monétaire de la CEMAC, et éviter de plonger les économies de la Communauté dans un marasme dont les conséquences économiques et financières auraient été sans précédent. 

Au sein de la zone CEMAC, l’économie camerounaise s’est caractérisée par une résilience particulière, en raison de sa plus grande diversification, de la solidité de son tissu industriel et du dynamisme de sa demande intérieure.

Mais, inséré dans une logique communautaire et intégrée, le Cameroun a ensuite commencé à recevoir l’impact négatif des économies moins résilientes dans la sous-région et des chocs subséquents liés aux impératifs de sécurité intérieure.

Les conséquences ne se sont pas faites attendre en termes macroéconomiques, entrainant une forte baisse des réserves internationales de la zone CEMAC prises dans leur globalité, puis en fin de compte, de celles plus spécifiques au Cameroun.

C’est pour enrayer cette spirale baissière et en tout cas dépréciative, que notre pays a élaboré un programme économique et financier triennal, visant à rétablir la stabilité et la viabilité extérieure de l’économie, tout en améliorant sa compétitivité, en renforçant la résilience du secteur financier et en favorisant une croissance vigoureuse et durable.

Le même programme était également destiné à servir de catalyseur pour la mobilisation de l’aide de nos partenaires techniques et financiers dans le cadre des projets ciblés d’appui budgétaire.

Pour appuyer ce programme dont – je tiens à le préciser – l’initiative est endogène et non imposée de l’extérieur, le Gouvernement a signé le 26 juin 2017, un Accord avec le FMI, dont le financement s’inscrit dans le cadre d’un mécanisme dénommé « Facilité Élargie de Crédit ».

Ledit Accord porte sur un montant de 483 millions de Droits de Tirage Spéciaux, soit environ 666,2 millions de dollars, équivalant à environ 400 milliards de francs CFA, dont 102 milliards de francs CFA disponibles dès l’approbation du Conseil d’Administration du FMI.

Il est important de noter que l’Accord dont il est question permet au Cameroun de tirer jusqu’à 175% du montant de ses réserves qui, aujourd’hui, s’élèvent à 275 millions de Droits de Tirage Spéciaux.

Il faudrait aussi mentionner que d’une manière générale, la Facilité Elargie de Crédit constitue le principal outil dont le FMI dispose pour apporter un soutien à moyen terme aux pays qui font face à des déséquilibres macroéconomiques.

Les soutiens accordés couvrent quant eux une durée maximale de trois ans.

Mesdames, Messieurs les Journalistes,

Comme je l’indiquais plus haut, l’Accord passé avec le FMI pour cette Facilité Elargie de Crédit ouvre la voie à des financements bilatéraux additionnels.

À ce titre, 887 milliards de francs CFA sont attendus en plus du financement du FMI, en provenance de partenaires techniques et financiers, selon la répartition suivante :

pour la Banque Africaine de Développement : 377 milliards de FCFA ;

la Banque Mondiale : 247 milliards de FCFA ;

la France à travers l’Agence Française de Développement : 197 milliards de FCFA ;

l’Union Européenne : 66 milliards de FCFA. 

Au titre de la seule année 2017, 510 milliards de de FCFA seront mis à la disposition du Cameroun dans le cadre des réformes-clé dans certains secteurs jugés critiques pour notre économie.

Le taux d’intérêt pour le remboursement de ces financements est de 0%, avec un différé d’amortissement de cinq ans et demi et une échéance maximale de dix ans.  

Il est important d’indiquer ici que le programme triennal ainsi appuyé par la FEC et les financements additionnels y adossés, est fondé sur notre propre stratégie de la croissance telle que fixée par le DSCE.

Il vise en outre à préserver les objectifs sociaux fixés par le Gouvernement.

Autrement dit, aucune interférence extérieure n’accompagne la signature d’un Accord tel que celui qui vient d’être signé entre le Cameroun et le FMI.

Il ne s’agit donc pas, contrairement à ce qu’on a entendu dire ces derniers temps, d’un Programme d’Ajustement Structurel, mais plutôt d’un soutien des partenaires techniques et financiers à la mise en œuvre de la vision gouvernementale en matière de développement économique et social de la nation.

Bien mieux encore, cet engagement de notre pays va renforcer la compétitivité et le potentiel de croissance à moyen terme du Cameroun et conforter davantage la stratégie nationale visant à atteindre le statut d’économie émergente à l’horizon 2035.

 

Tel est en tout cas l’engagement du Chef de l’État face à la nation tout entière.

 

Telle est l’aspiration légitime du Peuple camerounais.

 

Voilà donc, Mesdames, Messieurs les Journalistes, les éclairages et les précisions que le Gouvernement entendait vous apporter par ma voix, pour une meilleure appropriation de cet Accord que le Cameroun vient de signer avec la communauté financière internationale et pour une saine information de l’opinion publique.

Je vous exhorte à en faire un usage professionnel, objectif et responsable.

Je vous remercie de votre aimable attention.

Sénat: le MINFI défend la loi de règlement 2016

Alamine Ousmane Mey a expliqué les contours de ce texte de loi devant la commission des Finances et du Budget mercredi dernier.

C’est le premier projet de loi que les sénateurs examinent pour cette session budgétaire de novembre 2017. Mercredi dernier, la commission des Finances et du Budget a examiné le projet de loi de règlement 2016.

Il s’agit du niveau d’exécution des recettes et des dépenses sur un ensemble de prévisions sur une année. Pendant deux heures et vingt minutes, Alamine Ousmane Mey a donc expliqué l’état des dépenses et des recettes, au regard des prévisions du budget en 2016.

Pour l’exercice 2016, le projet de loi de règlement fait état de plus de 3 967 milliards de F de recettes, sur des prévisions de 4 234 milliards.

Par ailleurs, les dépenses sont évaluées à 4 021 milliards de F, contre des prévisions de 4 234 milliards de F. Ce qui crée un solde déficitaire de 54 milliards de F.

A en croire le ministre des Finances, les dépenses supplémentaires dans le budget s’expliquent par l’intégration des dépenses du Plan d’urgence triennal pour l’accélération de la croissance (PLANUT).

Le budget de 2016 a également été influencé par la poursuite de la guerre contre la secte terroriste Boko Haram, les chantiers des Coupes d’Afrique des Nations (CAN 2016 et 2019), ainsi que l’entrée en vigueur des Accords de partenariats économiques avec l’Union européenne.

Levée du mot d’ordre de grève: une sage décision

Commentaire.

Réunis à Bamenda le 3 février 2017, les syndicats des enseignants anglophones, représentés par SYNES Buea Chapter, CATTU, TAC, PEATTU, CEWOTU et BATTUC, après avoir procédé à un examen critique du suivi de la grève lancée le 21 novembre 2016 afin que le gouvernement résolve les problèmes auxquels le sous-système éducatif anglophone est confronté, ont pris la décision historique, à l’unanimité, de suspendre ce mot d’ordre de grève. Les signataires de la Déclaration rendue publique à cet effet dans le chef-lieu de la région du Nord-Ouest, appellent, par conséquent, à la reprise effective des cours ce lundi, 6 février 2017, dès 7h30 précises.

D’après les syndicats des enseignants anglophones, cette suspension du mot d’ordre de grève est motivée par quatre considérations. En effet, les signataires de la Déclaration se disent conscients des mesures prises au profit du système éducatif dans le cadre des travaux du  Comité interministériel ad hoc chargé d’examiner et de proposer des solutions aux préoccupations soulevées par les syndicats des enseignants anglophones. Une évolution en somme positive qui nécessite, à leurs yeux,  le retour des enseignants en classe, en espérant que pendant ce temps, les recommandations formulées seront mises en œuvre, et que les autres autorités compétentes vont continuer à délibérer sur les problèmes posés par la communauté anglophone. Autre motivation, le fait que des efforts sont en train d’être faits afin que les différentes parties signent, valident et authentifient les résolutions et les délais d’exécution contenus dans les engagements pris lors des travaux du Comité ad hoc. Le troisième argument, c’est que les signataires de la Déclaration de Bamenda se disent convaincus, après avoir consulté  les leaders spirituels, qu’il faut tenir compte des principes relevant de la justice, de la paix et des droits de l’homme, notamment en ce qui concerne les élèves et étudiants dont les frais de scolarité ont déjà été payés par les parents. Enfin – et c’est très profond -, les syndicats des enseignants anglophones se disent conscients du fait que les leaders syndicaux qui avaient appelé à la grève ont l’obligation, à un certain moment du processus, de demander aux enseignants de reprendre la craie, quels que soient par ailleurs les desiderata de la communauté, en conformité simplement avec les droits, les devoirs et les obligations à la fois des employeurs et des employés. En conclusion, tout en remerciant les différents acteurs pour les énormes sacrifices consentis, les leaders syndicaux  s’engagent à ne ménager aucun effort pour s’assurer que tous les acteurs de l’école ont fumé le calumet de la paix et travaillent avec dévotion afin que les élèves et étudiants rattrapent le temps perdu et se préparent convenablement à affronter tous leurs examens de fin d’année. En outre, ils demandent aux enseignants de veiller à ce que les aspirations légitimes des apprenants se réalisent, et invitent ces derniers à faire preuve de responsabilité, de discipline, d’ardeur au travail et de crainte de Dieu, afin, in fine, d’aider à l’accomplissement des rêves si chers aux parents et à toute la communauté.                                                                                                                         Cependant, les leaders syndicaux attirent l’attention sur le fait qu’ils se réservent le droit de lever la suspension du mot d’ordre de grève à tout moment, autrement dit, d’ordonner à nouveau le débrayage, dès lors qu’ils sont convaincus que le gouvernement ne remplit pas ou n’honore pas les engagements pris conformément aux résolutions et recommandations des travaux du Comité interministériel ad hoc. Compte tenu de tout ce qui précède, force est de constater que les leaders syndicaux ont fait preuve d’une grande sagesse. Au demeurant, il transparaît à travers cette suspension du mot d’ordre de grève qu’ils ont décidé de reprendre le contrôle d’une revendication qui n’avait au départ qu’une connotation corporatiste, mais qui, au fil du temps, a été  instrumentalisée par des politiciens en mal d’inspiration.

12 Trucks Arrive In South West With Supplies

Some 12 trucks full with humanitarian assistance destined for Internally Displaced Persons (IDPs) caused by the social upheavals affecting the North West and South West Regions of Cameroon have arrived in Buea on June 14, 2019 at 9 pm. The items piloted by staff of the Department of Civil Protection in the Ministry of Territorial Administration comprised 2,000 buckets of 15 litres each, 28 large piles of blankets, 575 bags of rice of 25 kg each, 240 cartoons of soap and over 500 mattresses.

The items were received in Buea by the Secretary General at the South West Governor’s Office, Dr. Mohamadou. He told Cameroon Tribune that the consignment was the largest since the advent of relief aid in the region owing to the crisis. He indicated that the Minister of Territorial Administration had specified that more of such material will continue to be put at the disposal of IDPs. On Saturday June 15, 2019, the on ward movement of the relief aid to the six divisions of the South West started from the South West Governor’s Office at 2 pm. Three Trucks left for Limbe (headquarter of Fako Division) and Mundemba seat of Ndian Division.

The rest nine of the vehicles headed to Kumba, chief town of Meme Division. From there, the quantities for Manyu, Kupe Muanenguaba and Lebialem Divisions will be separated and transmitted. Colonel Eyenga Severin of the 21st Motorised Infantry Battalion in Buea detailed that all the items rea ched Buea safe and intact. That he has as mission to convey the materials to the local administrative authorities in the entire region.

The Coordinator of the Emergency Humanitarian Assistance Centre for the South West, Mayani Apane Stevy, expressed satisfaction for having the humanitarian relief aid in the region. He pointed out that the distribution to be effected by Senior Divisional Officers and Divisional Officers will certainly start next week but the administrators are to slate a date for that in their respective jurisdictions.

Exécutifs communaux : les élections se poursuivent ce jour

L’élection des maires et de leurs adjoints se poursuit ce mardi, à travers plusieurs communes du pays. Il s’agit des villes où les résultats des élections municipales du 9 février dernier avaient été proclamés le mardi 11 ou le mercredi 12 février. Cette opération de désignation des exécutifs communaux est encadrée par une lettre circulaire du ministre de la Décentralisation et du Développement local, signée le 13 février dernier. Georges Elanga Obam rappelait ainsi les dispositions du Code général des Collectivités territoriales décentralisées qui place le doyen d’âge des conseillers municipaux à la présidence du vote, au cours de la session convoquée par le préfet. Ce dernier, représentant de l’Etat, qui assiste aux travaux et s’assure de leur régularité.

La première phase de l’élection des exécutifs communaux a connu des changements remarquables. De nombreux jeunes et femmes ont pris la tête des communes. Pour ce qui est des femmes, il a été souligné une bonne tendance des élues au sein des exécutifs communaux.  L’on a également noté le retour dans la scène politique des acteurs comme Paul Éric Kingue à la tête de la commune de Njombe-Penja, région du Littoral. D’autre part, des cas de tensions ont été enregistrés dans certaines communes. Ils sont liés au processus d’investitures au sein des formations politiques avant la tenue de la session de plein droit consacré au vote du maire et de ses adjoints. A Maroua 1er, dans la région de l’Extrême-Nord, la session de plein droit qui a vu la réélection du maire Hamadou Hamidou du Rdpc, a d’abord été reportée. Situation similaire à Kouoptamo dans la région de l’Ouest, où le maire sortant, Njoya Ousmanou, est finalement passé après une deuxième programmation de la session de plein droit.  Les travaux de ce jour permettront de faire le bilan général du renouvellement de la classe politique dans le paysage des exécutifs communaux.