Lutte contre Boko Haram: synergie gagnante armée-nation

Le 20 mai prochain, les Camerounais vont célébrer dans la ferveur patriotique, le 46e anniversaire de la fête de l’Unité. Dans un contexte marqué par divers défis sécuritaires, dont le moindre n’est pas la lutte contre Boko Haram.

Une secte terroriste qui a non seulement menacé l’intégrité territoriale du pays par ses rêves expansionnistes, mais aussi mis à mal notre vivre-ensemble et les efforts de développement déployés par les pouvoirs publics sous l’impulsion du président de la République, Paul Biya.

C’est pourquoi les Camerounais, dans leur immense majorité, comptent saisir l’opportunité de l’événement attendu, pour réaffirmer solennellement leur détermination à se tenir aux côtés du chef de l’Etat, chef des armées, du gouvernement, des forces de défense et de sécurité pour soutenir le combat jusqu’à l’éradication totale de Boko Haram.

Et, pour  appuyer leurs efforts visant à bâtir un pays uni, fort et prospère, dont l’objectif majeur demeure l’atteinte de l’émergence à l’horizon 2035.

  La mobilisation derrière le président de la République, ainsi que les forces de défense et de sécurité, est d’autant plus importante que les Camerounais ont besoin de paix et de sécurité, pour faire face dans la sérénité aux nouveaux défis sociopolitiques qui les interpellent en cette année charnière.

Portrait : une certaine idée de l’éthique

La génération actuelle se souvient probablement d’Adamou Ndam Njoya comme étant cet homme politique qui a été maire de sa ville natale de Foumban de 1996 jusqu’au 25 février dernier lorsqu’il a été remplacé à la tête de cette commune du département du Noun par son épouse, Hermine Patricia Tomaino Ndam Njoya. 

Très peu, en effet, pourraient parler de celui-là qui a été ministre de l’Education nationale de 1977 à 1980 et qui institua une mesure qui ne lui a pas valu que des amitiés : tout candidat au Brevet d’études du premier cycle (BEPC) qui avait une moyenne inférieure à 05/20 était suspendu pour une période de deux ans de cet examen. L’objectif visé par son auteur était l’amélioration de la performance en milieu scolaire. On parlait alors de la « colle ». Titulaire d’un doctorat d’Etat en droit public international et sciences politiques obtenu à l’Université de Panthéon Sorbonne, Adamou Ndam Njoya, décédé samedi dernier à près de 78 ans, car né le 8 mai 1942, devint le premier directeur de l’Institut des Relations internationales du Cameroun (IRIC) à 30 ans. Il y reste de 1972 à 1975. Cette année-là, il est promu vice-ministre des Affaires étrangères d’où il est parti pour le ministère de l’Education nationale. En 1980, il est nommé ministre délégué à la présidence chargé de l’Inspection générale de l’Etat et de la Réforme administrative.

Le fils d’Arouna Njoya, l’un des artisans de l’unification du Cameroun, quitte le gouvernement en 1982. Outre une carrière d’enseignant au Cameroun et à l’étranger, il s’est également consacré à l’écriture, avec de nombreuses publications. Il est ainsi l’auteur, entre autres de « Le Cameroun dans les relations internationales » publié en 1976 à Paris ; « Njoya : réformateur du royaume Bamoun », publié aux Nouvelles éditions africaines en 1977 ; « Manuel pratique de rédaction administrative et des documents diplomatiques » paru aux éditions SOPECAM en 1983. 

Avec le retour au multipartisme, il créé en 1991, l’Union démocratique du Cameroun (UDC). C’est à la tête de cette formation politique qu’il devient maire de sa ville natale de Foumban à l’issue des premières élections municipales multipartistes organisées le 21 janvier 1996. Il sera ainsi réélu en 2002, 2007 et 2013. Tête de liste de son parti aux municipales du 9 février 2020, il sera très peu visible lors de la campagne électorale, déjà rongé par la maladie. Ce qui n’empêchera pas une nouvelle victoire de son parti politique. Il est remplacé à la tête de la mairie par son épouse, Hermine Patricia Tomaino Ndam Njoya. 

Adamaou Ndam Njoya a également été candidat aux élections présidentielles organisées au Cameroun en 1992, 2004, 2011 et 2018. A ce dernier scrutin qui a eu lieu le 7 octobre 2018, il arrive en 5e position avec 1,73% des suffrages exprimés. Il prône durant la campagne électorale, la « nouvelle éthique de l’éducation » qui se résume en une vision de l’excellence académique dès la maternelle et la professionnalisation des enseignements. Bref, une éducation tournée vers les sciences, et qui va initier les apprenants dans les domaines parmi les plus pointus.

Yaoundé VI : l’Hôtel de ville inauguré

A l’esplanade de la mairie de Yaoundé VI à Biyem- Assi, lieudit « Acacias » jeudi dernier, il y avait foule. Si bien que le dispositif d’accueil des invités et des populations s’est avéré insuffisant. Présidée par le ministre de la Décentralisation et du Développement local (Minddevel), Georges Elanga Obam, la cérémonie d’inauguration des nouveaux bâtiments de cette mairie était riche en sons et couleurs. Le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Grégoire Owona, le ministre chargé de mission à la présidence de la République, Philippe Mbarga Mboa, ainsi que le directeur général du Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale (Feicom), Philippe Camille Akoa y ont pris part.

Trois prises de paroles ont ponctué cet événement. La première a été celle du maire de la Commune d’arrondissement de Yaoundé VI, Jacques Yoki Onana. Dans son propos, il a évoqué l’histoire de l’accouchement plutôt difficile de cette infrastructure, laquelle a réjoui le Minddevel. En effet, Georges Elanga Obam a davantage apprécié la qualité de l’ouvrage qui est le fruit des efforts des populations de Yaoundé VI. En tant que tel, «il est le reflet de leurs ambitions et est à la hauteur de leur dynamisme », a-t-il souligné. Aussi, leur a-t-il demandé d’en faire bon usage et d’en assurer la maintenance régulière. Mieux, le ministre a prescrit aux habitants de cette localité de protéger leur joyau afin qu’il « échappe aux actes de vandalisme ».

Par ailleurs et de façon générale, le Minddevel a instruit de « transformer nos mairies en instrument de lutte contre la pauvreté. D’en faire des espaces d’opportunités économiques, des leviers majeurs de promotion de développement et des creusets où se pratique la démocratie ». Dans la foulée du ministre et avant celui-ci, le directeur général du Feicom a suggéré au maire de faire en sorte que l’odyssée qui articule l’histoire de cet édifice soit transformée en épopée. Bâti sur sur une superficie de 9 738 m2, ce bâtiment est de type R+3. Il comprend, entre autres, une quarantaine de bureaux, une salle des actes, une salle de fêtes, deux blocs de toilettes et une bibliothèque. Les travaux ont été engagés en juillet 2012. Il a coûté 843 millions de F, dont 290 millions seront remboursés par la Commune de Yaoundé VI sur une période de dix ans, selon l’annonce faite par le directeur général du Feicom.

Cameroun-Tunisie: une nouvelle dynamique

Les travaux du Comité de suivi des résolutions de la 10e Commission mixte Tunisie-Cameroun se sont tenus les 28 et 29 juin derniers à Yaoundé. Pendant ce temps, les opérateurs économiques des deux pays échangeaient à l’hôtel Mont-Fébé sur l’approfondissement de leurs échanges commerciaux dans le cadre  d’un forum économique. Deux événements majeurs qui laissent penser que le ciel entre Yaoundé et Tunis est sans nuages et que la relation bilatérale entre le Cameroun et la Tunisie est pleine de promesses. Au terme de son séjour en terre camerounaise, Khemaies Jhinaoui, ministre tunisien des Affaires étrangères, qui conduisait la délégation, dresse le bilan de sa mission au Cameroun, jette un regard sur l’avenir de cette coopération et évoque la lutte contre le terrorisme qui constitue un autre champ de bataille commun où les deux Etats entendent davantage mutualiser leurs efforts.

 

Khemaies Jhinaoui: «Nous devons augmenter  nos échanges»

Ministre tunisien des Affaires étrangères

 

Monsieur le ministre, quel bilan faites-vous de votre séjour au Cameroun ?

C’est ma première visite en Afrique sub-saharienne depuis ma nomination au poste de ministre des Affaires étrangères il y a presque deux ans. Je suis très content d’avoir entamé cette visite dans cette partie du continent par le Cameroun parce que ce pays a des relations traditionnelles et historiques avec la Tunisie. Depuis presque soixante ans nous avons développé une amitié profonde et nous nous sommes mutuellement soutenus au sein des instances internationales et nous avons également développé une grande coopération. Plusieurs cadres camerounais ont fait leurs études dans les universités tunisiennes. Aujourd’hui, nous avons presque 2 000 étudiants camerounais qui fréquentent nos universités. J’ai justement eu des échanges intenses avec  plusieurs officiels camerounais. A savoir : le Premier ministre, chef du gouvernement, Philemon Yang, qui m’a reçu au nom du chef de l’Etat, Paul Biya, le président du Sénat, Marcel Niat Njifendi, le président de l’Assemblée nationale, Cavaye Yeguié Djibril, et plusieurs autres membres du gouvernement. Au cours de ces différents échanges, nous avons discuté de l’état de notre coopération bilatérale à ce jour, mais également des perspectives de son développement pour l’avenir. On a identifié, dans le cadre des travaux du Comité de suivi et en mars 2016 à Tunis lors de la réunion de la commission mixte, plusieurs secteurs prioritaires. Au niveau de l’enseignement et de la coopération scientifique, nous voulons augmenter le nombre d’étudiants. J’en profite d’ailleurs pour réaffirmer la disponibilité de la Tunisie à accueillir plus d’étudiants camerounais. On leur offre des bourses dans des disciplines aussi variées que la médecine dentaire, le management, le droit et l’économie. Bref, toutes les disciplines sont disponibles pour nos frères Camerounais. La Tunisie a augmenté le nombre de bourses octroyées aux étudiants camerounais.

Nous avons aussi identifié la santé, étant donné que quelque 500 Camerounais visitent chaque année la Tunisie pour des traitements médicaux. Nous disposons d’infrastructures très développées à ce sujet. Nous pensons donc que nos frères Camerounais pourront bénéficier de ces infrastructures en venant se faire  soigner en Tunisie. Nous ambitionnons également de mettre en place ici au Cameroun une infrastructure en matière de santé pour permettre à nos frères Camerounais d’initier une coopération en la matière. Il y a le domaine des technologies de l’information et de la communication. Nous comptons mettre notre expertise à la disposition des Camerounais pour une coopération gagnant-gagnant.

Les échanges entre les deux pays se situent à un peu plus de 10 milliards de F. Côté tunisien, comment entendez-vous booster cette coopération au lendemain du forum économique Cameroun-Tunisie qui vient de se tenir à Yaoundé ?

Je constate que ce volume des échanges est appréciable, mais insuffisant. Nos échanges ont connu un véritable bond au cours des trois dernières années. Je pense qu’il y a toujours un potentiel énorme dans plusieurs secteurs pour davantage développer nos échanges. Parce que 25 millions de dollars comparés aux énormes potentialités des deux pays est un chiffre qui reste en deçà des aspirations des deux pays. Le Cameroun produit plusieurs produits qui pourraient être exportés sur le marché tunisien. La Tunisie a une  industrie assez diversifiée et produit plusieurs produits de consommation qui pourraient être écoulés sur le marché camerounais, à l’instar du textile.  Il y a aussi les secteurs de l’électricité et de la mécanique. Nous espérons qu’avec l’ouverture d’une ligne directe Tunis-Douala, Tunis-Yaoundé et la finalisation de l’étude en cours d’une ligne maritime liant Douala à Tunis, nous pourront augmenter substantiellement le volume des échanges entre nos deux pays.

Le Cameroun et la Tunisie ont en commun la lutte contre le terrorisme. Comment entendez-vous davantage mutualiser vos efforts pour venir à bout de cet ennemi commun?

Il s’agit-là d’un fléau qui n’a pas de religion et de territoire et qui frappe de manière indiscriminée tous les pays du monde. La lutte contre ce fléau requiert une coopération étroite entre diverses nations. Entre la Tunisie et le Cameroun, il y a déjà un début de coopération. Le ministre camerounais de la Défense, Joseph Beti Assomo, a visité la Tunisie l’année dernière. Je pense que nous devons davantage travailler ensemble en favorisant les échanges d’informations entre les services compétents des deux pays, en améliorant la formation des forces intérieures de lutte contre le terrorisme au Cameroun et en Tunisie en s’entraidant pour faire face au terrorisme. Au Cameroun ce fléau s’appelle Boko Haram et en Tunisie il porte le nom de Daesh ou al-Qaïda. Toutes ces organisations appartiennent à la même école : l’école de la haine.

Destruction de biens publics à Bamenda: ce que le vandalisme nous coûte

Le bilan matériel des actes de vandalisme de jeudi dernier à Bamenda est lourd. Issa Tchiroma Bakary indique, à cet effet, que neuf véhicules ont été détruits « comprenant ceux du commandant de la légion de gendarmerie, du commandant en second de la Brigade d’infanterie motorisée (BRIM), du sous-préfet de Bamenda 3e, de la Camerounaise des Eaux, de la Campost, des équipes spéciales d’intervention rapide, ESIR, de la gendarmerie nationale, ainsi que de deux véhicules personnels ». A cela, il convient d’ajouter la destruction de certains édifices publics et privés dont le commissariat de police du 3e arrondissement et des pavillons d’une formation hospitalière. 

Des actes assimilables au terrorisme, ceci au regard de la loi N° 2014/028 du 23 décembre 2014 portant répression des actes de terrorisme. Notamment en ce qui concerne son article 2 qui définit les infractions et les peines. Car jeudi dernier, l’on a bien enregistré des dommages corporels et matériels avec la destruction des édifices publics, l’on a des populations qui ont été intimidées et qui continuent d’ailleurs à l’être, dès lors que certains enfants n’arrivent pas à reprendre le chemin de l’école. Les sanctions, prévues par le législateur dans ce cas sont très rudes, car elles vont jusqu’à la peine de mort qui peut être prononcée par une juridiction militaire, compétente en la matière. Les auteurs des actes de vandalisme enregistrés jeudi dernier devraient donc savoir à quoi s’en tenir.

En vue d’un retour définitif à la normale que consacrerait notamment la reprise des activités scolaires et universitaires, le gouvernement qui persiste  dans la voie du dialogue, a constaté hier la composition du comité interministériel ad hoc chargé d’examiner et de proposer des solutions aux préoccupations soulevées par les syndicats des enseignants anglophones, ainsi que le secrétariat technique. Ces syndicats sont donc attendus autour de la table de travail.