Investissements chinois en Afrique: les recettes de l’efficacité

150 experts sino-africains étaient réunis au Kenya pour apporter de pistes des réponses au moment où des modèles concurrents de coopération engagent l’Afrique à d’autres partenaires.

Du 11 au 13 août dernier, le Sarova Whithesands de Mombasa (au sud-est du Kenya) a abrité un symposium réunissant journalistes, hommes d’affaires, universitaires, dirigeants politiques et divers experts africains et chinois sur le thème « La coopération gagnant-gagnant, le développement commun ». Une rencontre qui se tenait quelques jours seulement après la réunion à Pékin le 29 juillet 2016 des coordinateurs de la mise en œuvre des actions de suivi du Forum de coopération sino-africain (plus connu par son acronyme anglais FOCAC). On se souvient qu’en décembre 2015, lors de ce sommet du FOCAC à Johannesburg (Afrique du Sud), le président chinois, Xi Jinping avait annoncé que « L’Empire du Milieu » s’engageait à mettre à la disposition du continent noir 60 milliards de dollars (plus de 36 000 milliards de F) pour son développement.

Coopération

Ainsi, à la suite des politiques, qui le mois dernier à Pékin évaluaient, sept mois après, les premières retombées de Johannesburg, médias et Think-Tank sino-africains devaient quant à eux répondre à la question centrale : comment les financements chinois en Afrique peuvent atteindre efficacement l’objectif de développement du continent ? Surtout dans le contexte d’accentuation des modèles concurrents de coopération. C’est peu de dire que deux faits majeurs, l’entrée en vigueur des Accords de partenariat économique entre un grand nombre d’Etats africains et l’Union européenne et la tenue au Kenya même de la 6ème édition de la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique, n’ont pas pesé sur les communications des participants.

Répartis en quatre panels, les participants ont tour à tour échangé sur comment mettre en œuvre les résultats du Sommet de Johannesburg du FOCAC de façon ordonnée et efficace? Comment accélérer l’industrialisation de l’Afrique ainsi que la modernisation de son agriculture ? Quelles sont les différences entre coopération mutuellement bénéfique qui régit la relation Chine-Afrique et les autres modèles de coopération avec les autres partenaires internationaux de l’Afrique? Et en fin, comment renforcer la coopération entre les médias et think tank sino-africains pour que ceux-ci jouent un rôle positif dans le développement de la coopération sino-africaine ? A la clôture du symposium, les organisateurs, entre autres, le Fonds de développement Chine-Afrique, l’Institut de recherche sur l’Afrique de l’Université normale de Zhejiang, le Consortium pour la recherche en Afrique, l’Institut pour la recherche et l’analyse des politiques publiques du Kenya ont tous reconnu que si les avis émis par les experts étaient appliqués, de meilleurs résultats pourraient être engrangés. Et la présence chinoise serait mieux acceptée par les populations africaines.

Les spécificités du PNDP dans la Passation des marchés

Elles seront présentées aux élus locaux à travers le pays. Une série de formations ouverte, à cet effet, mardi dernier à Yaoundé.

La troisième et dernière phase du Programme national de développement participatif (PNDP) est en cours depuis mai 2016. Mis en place par le gouvernement, avec l’appui de partenaires dont la Banque mondiale, ce programme vise à donner aux communes et communautés urbaines à la base, les moyens de la prise en charge effective de leur développement. Ceci, par le biais des formations des élus locaux, mais aussi et surtout, du financement de micro-projets sociaux de base et à vocation économique. Sauf qu’il a toujours été constaté une certaine difficulté dans le processus de passation des marchés au niveau déconcentré. D’où la production d’un manuel de procédures et d’un guide des acteurs intervenant dans le processus, concernant les projets PNDP. Un premier document a été produit en 2010 et un deuxième en 2015. Le volume III du manuel de procédures vient de voir le jour. Dans le but d’informer les acteurs et surtout leur présenter les spécificités de la passation et de l’exécution des marchés financés par le PNDP, une série d’ateliers de formation sera organisée partout à travers le pays. La première étape à Yaoundé, a réuni les élus de la région du Centre. Des travaux ouverts mardi 23 août dernier par le secrétaire général du ministère des Marchés publics, Fritz Gerald Nassako. 

Sur les spécificités des procédures PNDP, l’on apprend que des éléments plus simplifiés s’appliquent. « Il n’y a pas un appel d’offres ouvert, mais une demande de cotation avec une liste restreinte. C’est dire qu’on connaît d’emblée la qualité des prestataires avant de les mettre en concurrence. Et avant cette liste restreinte, il y a la pré-qualification des entreprises qui est faite aux niveaux national, régional et enfin communal. Cinq à six PME qualifiées sont ainsi retenues et mises, en concurrence, toutes choses qui facilitent la procédure aux élus locaux », explique Charles Boube Matcha, spécialiste en passation des marchés du PNDP. Voilà la grande particularité des procédures PNDP. Autre chose, pour les marchés inférieurs à cinq millions de F, « nous faisons recours à ce qu’on appelle les commissions d’achats, qui jouent le même rôle que la commission de passation des marchés, mais plus simplifiée. Il n’y a pas un bon de commande comme on le fait généralement dans les marchés publics, mais de petits contrats de travaux, de fournitures ou de prestations intellectuelles », ajoute notre spécialiste.

Finances publiques: la dette reste maîtrisée

A 27% de son PIB, l’endettement du pays demeure soutenable et largement en deçà du seuil de convergence sous-régionale de 70%.

L’encours de la dette publique du Cameroun est estimé à 4754 milliards de F au 31 juillet 2016. Ce qui représente 27% de PIB, un taux largement inférieur au seuil de convergence de la sous-région CEMAC, de 70%. La marge reste donc encore grande. Ce qui fait dire au ministre des Finances (MINFI), Alamine Ousmane Mey, que « le Cameroun a une situation de la dette qui est un risque modéré ». Mais, souligne-t-il, « nous comptons poursuivre notre processus de développement, en réalisant les projets structurants qui sont capitalistiques, qui bénéficient des ressources internes propres mais également qui feront l’objet de financements extérieurs ». C’est dire que l’endettement va s’accroître. Et pour qu’il demeure soutenable et viable, les acteurs du processus, notamment les membres du Comité national de la dette publique (CNDP) doivent jouer pleinement leur rôle. D’où la session de mise à niveau organisée, mardi dernier à Yaoundé. Il s’agissait précisément d’un séminaire-atelier d’appropriation des textes et procédures du CNDP. Lequel a été créé en 2008 par le Premier ministre pour coordonner et suivre la mise en œuvre de la dette publique nationale, élaborer la stratégie d’endettement et la politique de gestion de la dette publique.

Selon le MINFI, président du CNDP, « le Cameroun utilise l’endettement comme effet de levier, pour réaliser ses projets de développement pour l’émergence. Mais la dette, bien qu’étant un effet de levier certain, constitue également un élément de risque en matière de surendettement et d’incapacité à rembourser ». Dès lors, il est important que le processus d’endettement puisse être mieux encadré, conformément aux textes en vigueur et aux standards internationaux. Il est davantage important que les acteurs en charge de l’endettement et de sa gestion puissent connaître tous ces textes et les mettre en application.

Axe Garoua – Ngaoundéré: la circulation rétablie

Le trafic perturbé par un affaissement de sol a repris grâce à une voie de contournement effectuée en régie.

N’eût été la prompte réaction des responsables de la délégation régionale des Travaux publics du Nord, informés par les populations riveraines, le trafic sur la nationale N°1 entre Garoua et Ngaoundéré aurait été durablement interrompu. En effet, dans la nuit du 15 au 16 août dernier, l’effondrement d’une buse entre les villages Sakdjé et Banda, situés à environ 160 Km de Garoua, a interrompu la circulation pendant plusieurs heures. Alertés, les populations environnantes se sont mobilisées spontanément aux côtés des ingénieurs de la délégation régionale des Travaux publics du Nord, pour colmater l’affaissement afin de rétablir la circulation. Quatre jours après cet incident, l’Etat a lancé les travaux en régie, pour la création d’une voie de contournement. Le directeur de l’entretien et de la protection du patrimoine routier du ministère des Travaux publics (Mintp), Tchouplaou, est descendu sur le terrain le week-end dernier, pour s’enquérir de la situation. Il a profité de sa présence dans la région du Nord, pour visiter tous les autres chantiers d’intervention en urgence pour la réparation des points de coupure.

Premier arrêt, PK 160, sur la route nationale N°1. Durant toute la journée, les ingénieurs et techniciens qui accompagnaient le haut cadre du ministère, se sont attelés aux relevés topographiques et aux essais géotechniques du point de création de déviation. Ensuite, le cortège a fait des arrêts à plusieurs autres endroits, pour observer et analyser les causes des ravinements et des érosions des fossés et talus de remblais. Pendant ce périple, les ingénieurs et les topographes ont analysé les causes des dégradations en aval des buses, ainsi que les causes des ruptures des radiers. Au finish, un constat général s’est dégagé : la route nationale N°1 entre Garoua et Ngaoundéré nécessite une réhabilitation urgente et générale. Et le directeur Tchouplaou a rassuré quant à l’imminence de ces travaux, dont les études sont déjà assez avancées.

Cacaoculture: 200 agents vulgarisateurs formés

Le ministre de l’agriculture et du développement rural, Henré Eyebe Ayissi a procède d’une série de sessions de formation lundi derniers par la ville d’Ebolowa.

Avec les changements climatiques, l’on ne peut plus dire ceci  aux paysans: « Administrez tel ou tel produit aux plants à telle ou telle période de l’année, pluvieuse ou non, pour combattre la pourriture brune, par exemple, ou pour en booster la production ». Ce cas d’école a été présenté, lundi dernier à Ebolowa, au cours de la cérémonie de lancement officiel des sessions de formation de 200 agents vulgarisateurs agricoles à la production durable du cacao de qualité. La rencontre qui avait pour cadre la salle des actes du Collège régional d’agriculture, était présidée par le ministre de l’Agriculture et du Développement rural (MINADER), Henri Eyebe Ayissi, qu’accompagnait le gouverneur Félix Nguélé Nguélé. 

L’objectif pédagogique des trois sessions de formation, qui vont se tenir à Ebolowa, dans le Sud, et à Kumba, dans le Sud-Ouest, est de faire émerger les agents de vulgarisation en vue de transférer le savoir-faire nécessaire aux agriculteurs. « Le cacao est un produit agricole stratégique », a noté le ministre Eyebe Ayissi. «Il nous faut tirer le meilleur parti possible », car « le Cameroun ambitionne d’augmenter sa production de 270 mille tonnes actuels à 600.000 t de cacao de qualité à l’horizon 2020-2023.