Priorité aux produits du terroir

Pour nourrir sa famille de 10 personnes, cet agent d’entretien au lycée bilingue de Yaoundé  privilégie les produits locaux et le poisson.

Le panier de la ménagère d’Agnès-Charlotte Zibi n’est jamais le même chaque jour. Toujours en quête de bonnes affaires, elle n’hésite pas à changer ses menus en fonction de la saison et des prix sur le marché. « Il m’arrive souvent de quitter la maison avec un menu en tête.  Si le prix de mes courses est trop élevé et que je trouve quelque chose de moins cher, je change mon menu », explique-t-elle. En effet, pour assurer le repas quotidien d’une famille de 10 personnes avec un budget de 80 000F, Agnès-Charlotte Zibi doit savoir s’adapter à l’offre sur les marchés. En général, son panier de courses comprend « du riz, des arachides et du poisson ». Selon elle, ces aliments sont adaptés aux familles nombreuses car ils sont accessibles. En outre, à chaque fin de mois, ses postes de dépenses sont sensiblement les mêmes : un sac de riz, deux sceaux d’arachides, du poisson frais, du poisson fumé, de l’huile, un peu de viande et des légumes de saison. « Je n’arrête pas le montant de mes dépenses à l’avance. Tout est fonction des prix pratiqués sur le marché », ajoute-t-elle.

Cependant les produits locaux ne manquent pas dans le panier de courses de cette ressortissante de la région du Centre : « Je ne saurai me passer du manioc, plantain, macabo… Ce sont les produits qu’on cultive chez moi. Ils sont toujours présents dans mes menus d’autant plus que mon mari n’aime pas le riz ». Ainsi, il arrive qu’à côté d’un plat de riz fait pour les enfants, cette mère de famille cuisine aussi du manioc ou du macabo pour son époux. Et puisqu’il faut faire plaisir à tout le monde, Agnès-Charlotte Zibi concoctera à l’occasion, un plat de haricot pour le bonheur des plus petits.

Téléphone, internet: la connexion à problème

Interruption des appels, débit Internet approximatif, la qualité de services de télécommunications,  ne s’améliore pas.

« Votre correspondant est hors réseau », « le téléphone de l’abonné est éteint », « je suis désolée, l’abonné que vous essayez de joindre est indisponible » … Ces messages vocaux, chaque abonné de téléphonie mobile a dû les entendre au moins une fois alors qu’il essayait de joindre un correspondant. Des communications envoyées par les opérateurs et qui selon ces derniers, ne reflètent pas toujours la réalité. D’après eux, c’est tout juste la qualité du service qui n’est pas bonne. « Parfois, le correspondant ne se trouve pas hors réseau, c’est bien souvent qu’il est tout simplement défectueux », croit savoir André Tchoffo, cadre dans une entreprise de la place. Selon lui, le réseau dérange de plus en plus, au grand dam des abonnés.

Selon une bonne majorité d’abonnés, il faut parfois essayer  trois à quatre fois pour avoir son correspondant au bout du fil. Une situation jugée frustrante pour ces clients qui disent dépenser beaucoup d’argent dans les services de communication. « Il arrive parfois que le téléphone du correspondant ne sonne même pas et ce sont les unités qui s’envolent », déclare Josepha N, une étudiante. « Parfois on tombe sur la messagerie. Mais une minute après, quand vous réessayez le même appel, le téléphone se met à sonner», ajoute une autre étudiante. Et quand ce n’est pas le contact qui n’est pas disponible, c’est le crédit qui s’épuise parce que la conversation se coupe à chaque fois. Mireille Ntsama, commerçante au marché central de Yaoundé assure faire l’amère expérience depuis quelque temps. « Un problème qui ne semble pas gêner les opérateurs », dit-elle vexée.

Autre souci qui tracasse certains abonnés, c’est le fait qu’il faut toujours être dehors pour pouvoir capter le réseau. Avec pourtant un appareil acheté à 38 000 F, Jacques-Yves Manga est obligé de sortir de son domicile pour passer un coup de fil ou pour avoir une connexion Internet. « J’ai une meilleure connexion à l’extérieur qu’à la maison », déplore-t-il. Justement, parlant de la connexion Internet, c’est parfois la catastrophe. « Difficile de télécharger des photos ou de simples documents, l’opération commence et s’arrête le plus souvent en cours », indique Jacques-Yves E, employé de bureau. Je n’ai pas le temps d’aller dans un cybercafé et le plus souvent j’utilise mon téléphone pour faire toutes ces opérations », explique-t-il.  En ce qui concerne internet, la connexion s’arrête et c’est désagréable, regrette-t-il. Par contre, reconnaît un autre abonné, il n’a jamais eu de problème avec son nouveau téléphone. Le réseau et la connexion sont bien fluides. « Parfois, c’est l’appareil qui est un problème », admet-il.

Fraude à la carte bancaire: le remboursement est possible

Pas de panique. En cas de fraude sur carte bancaire, certaines banques remboursent intégralement le montant prélevé de manière illicite. Il y a quelques semaines, Madeleine N, a reçu le remboursement de 500.000 F par une banque de la place. Cet argent lui avait été dérobé dans un distributeur automatique de billets (Dab). L’auteur du forfait s’était servi de sa carte bancaire, volée un mois plus tôt dans un taxi. Des braqueurs lui avaient alors arraché son sac contenant sa carte magnétique et quelques heures après, ils opéraient avec cette pièce dans un Dab. Et puisque que la plaignante n’a ni signalé la perte de sa carte immédiatement après le vol, ni fait opposition, sa banque n’a pas pu bloquer son compte. Mais fort heureusement, elle avait souscrit à l’assurance de carte en cas de perte ou piraterie bancaire pour un éventuel remboursement.

Selon le responsable d’une agence bancaire de la place, de nombreux comptes ont souvent été dépouillés. A l’allure où la piraterie bancaire évolue, difficile de tout contrôler. De l’avis de ce banquier, il est souhaitable, sinon impératif, que les clients protègent leur carte avec cette assurance. La plupart des banques, conscientes de la situation, invitent désormais leurs clients à ce geste de prudence. Il suffit, selon notre source, de remplir un formulaire pour adhérer à ce service. Cette souscription s’accompagne d’un prélèvement bancaire mensuel de 500 F, soit 6000 F par an sur le compte du client demandeur.

Dans une autre banque à Biyem- Assi, le chef d’agence affirme que la fraude à la carte bancaire est courante. Il précise tout de même qu’il ne suffit pas de souscrire à cette garantie pour être automatiquement remboursé en cas de vol ou de piraterie. Chaque cas est étudié minutieusement et c’est un long processus. « On procède à des enquêtes pour s’assurer que le vol n’émane pas du client lui-même, avec en prime, le visionnage des caméras de surveillance du distributeur où le vol a été commis », ajoute notre source. Au départ, cette procédure était effectuée seulement sur les chéquiers. Aujourd’hui, les assurances ont décidé de l’élargir à toutes les cartes bancaires.

Route Léna-Nsegbe-Tibati : le linéaire rallongé

Rendus au 1er avril dernier, le taux d’exécution des travaux sur le tronçon Léna-Nsegbe-Tibati était de 54%. Le constat a été fait par le ministère des Travaux publics (Mintp) qui fait le point des travaux des différents projets en ce moment où il y a comme une tendance de démobilisation du fait du covid-19. Sur cet axe donc (135,16km), les travaux s’exécutent selon le Mintp de manière satisfaisante. 

L’autre information donnée pas le Mintp et non des moindres est l’économie réalisée jusqu’ici pour la réalisation de cette infrastructure. Une première économie de 15 milliards a été faite au moment de la contractualisation, liée à la différence entre l’offre proposée par Sogea-Satom et l’enveloppe prévue pour le projet. Ce sont donc 73 milliards de F qui seront injectés sur cette route contre les 88 milliards budgétisés. « Pour cette économie réalisée après la procédure de contractualisation du marché des travaux, le MINTP a prescrit des travaux supplémentaires de 27 km (Tibati-Ngatt-Ngaoundéré) sur le même linéaire, allongeant ainsi le linéaire à bitumer. Au final, il sera question de construire au total 167 km contre les 135, 16km prévus initialement. Il restera alors près de 215 km pour arriver à Ngaoundéré et boucler ainsi cet important programme de liaison des régions du Centre et de l’Adamaoua », renseigne-t-on à la cellule de communication du ministère.  

Seulement en réalisant ces travaux, une autre économie a pu être réalisée grâce à la qualité des matériaux utilisés. Ainsi 3,5 milliards ont pu être mis de côté. D’après le maître d’ouvrage, cette enveloppe va permettre une optimisation des travaux prévus et la réalisation de certains ouvrages. On parle alors d’augmenter le linéaire de 4,350 km entre Tibati et Ngaoundéré; d’aménager un second poste de pesage alterné au premier afin de mieux assurer la fluidité du trafic et de limiter les risques de dégradation; d’aménager la gare routière et des aires de stationnement à Tibati; d’aménager en 2×1 voies avec une bande d’arrêt d’urgence de deux mètres de chaque côté et un terre-plein central de la traversée de la section urbaine de Tibati. Il est également prévu d’aménager une chaussée rigide en béton hydraulique en lieu et place d’une chaussée souple en béton bitumineux au niveau des aires de pesage, entre autres.

Filière cacao: les plants de la relance

En visite de travail vendredi dernier à Ayos, le ministre du Commerce s’est appesanti sur les moyens de surmonter la crise actuelle

«Nous devons croire à notre cacao ; il n’y a pas matière à désespérance (…) Tant que le monde sera, la cacaoculture existera… » Par ces propos tenus vendredi dernier à Ayos, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, s’est voulu rassurant. Ce d’autant plus que, malgré la crise qui frappe la filière cacao dans le monde, le Cameroun s’en sort plutôt bien. A titre illustratif, toujours selon le ministre du Commerce, au cours de la dernière saison, il y a eu 380 000 tonnes de cacao en trop dans le monde. Pourtant, tout le cacao du Cameroun s’est vendu. Une preuve que la couleur rouge brique du cacao camerounais fait toujours son effet.

Pour autant, il n’est pas question de dormir sur ses lauriers, car la crise est réelle et il faut pouvoir la surmonter. Pour le Mincommerce, l’équation de la résilience passe par deux axes. D’une part il faut produire plus, produire mieux et vendre bien. Pour ce qui est de la transformation locale, et c’est le deuxième volet, elle permet de développer le marché intérieur et de conquérir de nouveaux espaces à l’exportation, notamment des marchés de niche qui pratiquent des prix plus avantageux.

A Ayos, un des plus grands bassins de production de cacao dans la région du Centre, ce message fait échos. Ici, par exemple, selon Sébastien Mveng Ateba, qui a pris la parole au nom des associations des producteurs, 8 coopératives, 129 GIC et autres associations sont actifs. Au cours de ces dernières années, justement, bien des choses ont été réalisées dans la localité. C’est le cas de l’unité de transformation des fèves de cacao qui a reçu la visite du ministre du Commerce. Elle comprend deux séchoirs à énergie solaire, un magasin de stockage et une usine de transformation.

Bien que cette infrastructure en elle-même soit un réel motif de satisfaction, son opérationnalisation reste encore tributaire de quelques préalables. Au nombre de ceux-ci, Patrice Amba Salla, une des têtes de proue de la filière dans cette localité, a relevé la nécessité pour les coopératives du coin de mutualiser leurs efforts en formant un regroupement. La logique triviale de l’union qui fait la force pourrait alors leur permettre de mieux faire face aux aléas du marché.