Coopération culturelle Chine-Cameroun: le bilan de Wei Wenhua

L’ambassadeur arrivé en fin de séjour en terre camerounaise a dit au revoir à Narcisse Mouelle Kombi hier à Yaoundé.

Le séjour de Wei Wenhua, ambassadeur de la République populaire de Chine au Cameroun est arrivé à son terme. Hier, le diplomate chinois est allé faire ses adieux au ministre des Arts et de la Culture, Narcisse Mouelle Kombi.

Occasion pour les deux hommes de passer en revue la relation et les fruits de trois années de coopération entre les deux pays. En résumé, la relation culturelle a été fructueuse. « J’ai passé trois belles années au Cameroun. Et mon rapport avec le ministre de la Culture a contribué au renforcement des relations entre la Chine et le Cameroun. Le Minac a été l’un des fondateurs de l’Institut Confucius », a révélé l’ambassadeur.

La coopération entre les deux pays a également été riche en activités culturelles. En 2016, par exemple, les troupes de chants et de danses chinoises sont venues au Cameroun pour donner des spectacles. Dans la même veine, en 2017, le vice-ministre de la Culture de Chine, Ding Wei, a effectué une visite au Cameroun.

De ce séjour productif, ressort un accord avec le Minac pour renforcer d’avantage la coopération culturelle entre les deux pays amis. Les appuis techniques et les dons divers n’étaient pas en reste.  « Chaque année, le personnel du Minac a bénéficié de voyages culturels et de formations en Chine.

Côté dons, le ministère des Arts et de la Culture a reçu du matériel de bureau et plusieurs autres équipements pour l’amélioration les conditions de travail pour donner un rendement fructueux. La Chine a continué de travailler de concert avec la partie camerounaise pour renforcer la coopération culturelle », a ajouté Wei Wenhua.

Une relation qui a également réjoui le Minac. Narcisse Mouelle Kombi n’a pas manqué de dire sa satisfaction pour ce partenariat. « Le gouvernement camerounais, sous la très haute impulsion du président de la République, a mis en évidence le caractère stratégique de la relation sino-camerounaise.

C’est donc un partenariat gagnant-gagnant. Ainsi, la coopération entre la Chine et le Cameroun se déploie avec plus d’intensité. La qualité de cette relation est telle qu’elle produit des effets concrets, visibles et bénéfiques pour le développement du secteur de la culture.

Nous avons été témoins au cours des trois années d’accréditation de l’ambassadeur de Chine au Cameroun d’un certain nombre de faits concrets.

D’un certain nombre d’actions qui ont bénéficié au ministère des Arts et de la Culture », a-t-il noté. C’est avec un sentiment de satisfaction que Wei Wenhua a quitté le ministère des Arts et de la Culture.

Rapatriement des biens culturels: une opération très attendue

Ce sera par un bien culturel d’envergure dont le peuple Bamoun a été spolié que le Cameroun expérimentera, en 2019, le retour des objets pillés lors de campagnes militaires ou offerts aux musées et à l’Etat français par des officiers et soldats. Pendant la colonisation. Il s’agit précisément du trône du Mfon Mbouombouo qui régna au 18e siècle (1757-1814), en tant que 11e roi des Bamouns. Le transfert de ce symbole de pouvoir est l’aboutissement d’un processus de mobilisation et de lobbying engagé depuis de nombreuses années par l’élite Bamoun, appuyée par la diplomatie camerounaise, des universitaires, des artistes et sportifs nationaux de haut niveau. Un heureux épilogue donc pour cet objet, après le cas Afo-A-Kom, (du nom de la statue sacrée volée en 1966 à Laikom, siège des Fons Kom dans la région du Nord-Ouest), « vidé » en 1973. 45 ans après la conclusion du dossier Afo-A-Kom, l’espoir renaît de voir tous les autres objets culturels dont le Cameroun a été illégalement dépouillé retrouver rapidement leur terroir. Plus que jamais, le peuple Sawa, notamment, caresse le secret espoir de revoir le « Tangué de Kum’a Mbape Bell (la pirogue de Lock Priso, un patriarche Douala) arraché à Bonaberi le 22 décembre 1884. L’objet séjournerait dans un musée munichois en Allemagne. La proue princière (tangué), grande oeuvre sculptée en bois, colorée et saisissante, ainsi que les terres cuites et bronzes Sao ne constituent que la partie visible de l’iceberg, dans la mer d’objets emportés par les colons. Selon le rapport Savoy-Saar, -du nom de l’universitaire sénégalais, Felwine Saar, et de l’historienne française, Bénédicte Savoy, missionnés par Emmanuel Macron, chef de l’Etat français, pour réfléchir à cette épineuse question de la restitution des biens culturels africains-, 90 000 objets provenant d´Afrique subsaharienne se trouvent actuellement dans les collections publiques françaises. Le Cameroun arrive en seconde place des pays d´origine de ces oeuvres, en quantité, avec plus de 6000 pièces. D’autres objets d’arts de notre pays sont éparpillés dans les musées d’Europe notamment en Allemagne, Italie, mais aussi en Amérique (Etats-Unis).

Patrimoine: Ongola fait son festival

Les activités liées à cet événement ont commencé le 19 avril dernier par un atelier de renforcement des capacités des chefs traditionnels du Mfoundi.

En guise de lancement des activités du festival culturel des traditions et coutumes des peuples béti, l’Association des amis de la ville de Yaoundé a organisé un atelier de renforcement des capacités des chefs traditionnels du département du Mfoundi.

C’était au Cercle municipal, le 19 avril dernier, sous la présidence du secrétaire général du ministère de l’Administration territoriale, Pierre Essomba. L’atelier de deux jours avait pour thème : « La gouvernance locale, la préservation et la valorisation du patrimoine culturel ».

Cette thématique centrale a été déclinée en plusieurs sous thèmes. «Nous avons commencé par le renforcement des capacités des chefs traditionnels parce qu’ils sont les dépositaires du pouvoir ancestral. Il était de bon ton avant d’ouvrir cet évènement hautement culturel, de les outiller sur leur rôle. Il était aussi question de les recycler dans le sens de la collaboration avec l’administration, ce qui n’a pas été fait depuis plusieurs siècles. Nous  leur  avons rappelé qu’ils sont les ambassadeurs du festival “L’Ongola ewondo” », a expliqué le président de l’Association des amis de Yaoundé, Alain Zanga.

Le rôle de l’autorité traditionnelle dans la lutte contre la corruption a suscité beaucoup de débats. « La Conac considère l’autorité traditionnelle comme un pilier d’intégrité. Dans le processus de construction d’un Cameroun intègre, on considère que pour que l’édifice tienne, il faudrait qu’il repose sur des piliers d’intégrité.

Nous sommes convaincus que si l’on puise dans le substrat culturel des peuples africains, il n’est pas évident que l’on retrouve des pratiques de corruption », a souligné Benjamin Fouda Effa, journaliste cadre à la Conac. Les chefs traditionnels, principales cibles de cette formation, ont accueilli favorablement l’initiative. «

Les chefs n’ont pas une formation suffisante qui leur permet, une fois installés, d’exécuter leurs fonctions convenablement. Il est donc normal que nous puissions bénéficier de l’expertise de ceux qui maîtrisent les textes liés au fonctionnement des chefferies traditionnelles », a reconnu le président de l’association des chefs traditionnels du Mfoundi, sa majesté Abanda Pie. Le festival « L’ongola Ewondo », placé sous le très haut patronage du Chef de l’Etat, va s’étendre du 21 au 28 avril 2018, avec diverses articulations à vivre sur plusieurs sites de la capitale.

Exposition : tableaux en « Mosaïques »

Une coopération colorée. Les ancienne et nouvelle générations d’artistes plasticiens camerounais originaires de Douala, Yaoundé, Nkongsamba et Buea, sont main dans la main pour rendre hommage à « Mosaïques ». Les pages de ce magazine culturel camerounais qui célèbre ses huit ans leur sont très souvent consacrées, ceci depuis le début de l’aventure en décembre 2013.

L’Institut français du Cameroun antenne de Yaoundé, sert de cadre pour l’exposition d’art contemporain dédiée à la deuxième édition de « Mosabration », nom générique donné à l’événement-anniversaire. Les murs de l’expo chuchotent de belles anecdotes sur ces huit années d’existence, de collaboration et d’imagination. Les expériences de ces artistes sont liées au travail d’une équipe de journalistes et d’experts bénévoles, avec comme seuls objectifs la promotion de l’art dans tous ses contours.

Les plasticiens, rangés en marge de l’actualité culturelle dominée par la musique et le cinéma, ont trouvé dans ce journal entièrement dévoué aux arts, un oasis d’expression. Le temps est venu de lui rendre la pareille. Emile Youmbi, Hanko Hankson, Jean Michel Dissake Dissake, Jean-Jacques Kanté, Koko Komegne, Marc Padeu sont les noms célèbres du monde plastique camerounais, heureux de mettre en lumière ce magazine culturel et ses acteurs. Dans sa collection, chacun a déniché une pièce unique et symbolique de sa relation avec « Mosaïques ». Parmi toutes ces œuvres, « Mosaïcan » de Marc Padeu, peut-être de par son intitulé proche de la star de l’expo, captive le regard. Il y a également le choix de la matière utilisée par le plasticien : cette texture en sac de toile, qui emprisonne l’attention du visiteur tout en la braquant sur le médaillon au centre du tableau.

Formes, ombres, grosseurs, petitesses… Les pièces offertes pour « Mosabration » soulèvent nombre d’interrogations. Le mot d’ordre est « Libre, libre et libre ». Le directeur artistique, Patrick Ngouana, n’a pas voulu enfermer les artistes dans un enclos. Sa perspective, faire de cette expo caritative un territoire de la pensée volontaire et gratifiante. Des artistes en pleine ascension sur la scène nationale des arts plastiques ont eux aussi bien compris le message : « Mosaïques » est un allié. Qu’ils s’appellent Alice Penda, Arnold Fokam ou Boris Kopala, leur présence dans le hall de l’IFC est gourmande d’audace et de talent. Cette exposition est l’une des nombreuses articulations du huitième anniversaire de « Mosaïques ». Elle court jusqu’au 15 janvier prochain. Le reste des festivités est à vivre jusqu’au mois de février dans différents espaces culturels à Yaoundé.

Heritage: A Visit To Shenzhen’s Museum Of History And Folk Culture

It tells the story of the Chinese city’s rise from poverty to industrialisation in just over 36 years.

 The story of Shenzhen’s meteoric rise to modernism is summarised in the Shenzhen Museum of History and Folk Culture. Located in southern China’s Guangdong Province, Shenzhen was a very poor rural fishing settlement of 30,000 people until 36 years ago. With a population today of 20 million people in the Shenzhen Special Economic Zone, the city owes its unprecedented growth and prosperity to Deng Xiaoping, the late Chinese leader who introduced reform and opening up to the world. Today, Shenzhen is one of the most industrialised cities in China, and boasts the third largest seaport in the world.

This transformation is revisited through exhibitions in the Shenzhen Museum of History and Folk Culture, which is free to the public. A guide told Cameroon Tribune on April 16, 2017 that over 10,000 people visit the museum every day to learn and see the history of the evolution of Shenzhen. During the Chinese Spring Festival that holds in January, the number of visitors rises to 20,000, the guide disclosed. Visitors are presented enlarged pictures, collections, writings, official correspondence and “relics” of the different stages of the transformation of Bao’an County into a modern, highly industrialised city today.

Life-size pictures and video projections are presented of Chinese officials, Chairman Deng Xiaoping and the common people who toiled day and night to transform their settlement. So also are books, newspaper excerpts, speeches and work tools used in constructing the new city and industrial zone. The official car used by Deng Xiaoping with his bust planted in front and all the contents of the apartment he slept in during a visit to Shenzhen while construction was going on, are on display.

Not left out are maxims used by officials to urge the people to work harder such as: “Time is money and efficiency is life” and “Empty talking will lead the country astray, while hard work can rejuvenate the nation.” There are also samples of old, obsolete vehicles and electronic appliances, including mobile phones – many of them still is use in Cameroon today  – to show the various stages of Shenzhen’s technological advancement. At the end of the breathtaking tour, the visitor has a good grasp of the history of the evolution of Shenzhen – having listened, seen, felt and touched its transformation.