CAN de volley: et si c’était l’heure des Lionnes ?


Les Camerounaises espèrent enfin décrocher le titre derrière lequel elles courent depuis de nombreuses années.

Sur les 14 joueuses qui défendront les couleurs du Cameroun dès demain à Yaoundé, 12 ont participé au récent World Grand Prix. Cette constance sera d’ailleurs un atout majeur pour la sélection nationale féminine qui rêve enfin de décrocher le titre tant attendu de « Championne d’Afrique » ! C’est d’ailleurs ce groupe qui est revenu en début de semaine de Sao Paulo (Brésil), où il a peaufiné la préparation de sa participation à ce tournoi. Mais pour cela, il faudra s’imposer face à tous ses adversaires sur le taraflex du palais polyvalent des Sports de Yaoundé. 

Certes, Christelle Nana Tchuidjang et ses coéquipières occupent la première place au classement africain. Mais, ça ne suffira pas ! Il faudra s’imposer devant les sélections nationales comme celles de l’Algérie ou du Kenya.

C’est donc un groupe qui a gagné en maturité que les supporters devront pousser au sacre. Elles évoluent ensemble depuis plusieurs années et la stabilité du banc de touche dirigé par Jean René Akono y est certainement pour beaucoup. Au cours de ces cinq dernières années, les Camerounaises ont été malheureuses finalistes lors des Jeux africains de Brazzaville en 2015. Elles avaient perdu en finale contre les Kenyanes. La même année, elles décrochent la médaille de bronze lors du dernier Championnat d’Afrique ; après avoir terminé deuxième deux ans plus tôt. Et l’année dernière, devant leur public, les Camerounaises avaient gagné l’unique place qualificative pour les Jeux olympiques de Rio.  C’était d’ailleurs une première pour la sélection nationale camerounaise.

A l’issue de ce tournoi, les deux premières équipes se qualifieront pour les Championnats du monde Japon 2018. En espérant que les Camerounaises seront parmi les élues, pour obtenir cette troisième participation, après celles de 2006 et 2014.

 

 

Lavoisier Tiadjoue Yendé: « Beaucoup de nos joueuses sont arrivées à maturité »

Professeur d’EPS, entraîneur de volley-ball FIVB Niveau 3, analyse les chances du Cameroun

 

Quelles sont les chances du Cameroun dans cette compétition ?

Le Cameroun a toutes les chances de gagner et à défaut, devrait au moins se qualifier pour les championnats du monde, compte tenu de sa nette évolution et de ses prouesses de ces dernières années. Il y a aussi sa constance dans la compétition de haut niveau qui commence depuis sa première participation à une compétition mondiale (world championships Japon 2006) en enchaînant ensuite avec les  Jeux africains où depuis 10 ans, il joue toujours la finale synonyme de médaille d’argent. En outre, nous avons la participation aux championnats du monde 2014 et surtout, la participation aux Jeux olympiques 2016. Enfin, l’effectif est resté assez constant et beaucoup de ces joueuses, ensemble depuis l’école de volley, sont arrivées à maturité et quelques-unes ont la capacité de faire le poids de leur individualité sur un match.

Quels peuvent être les principaux concurrents pour le titre ?

La CAN a ses fidèles et ceux-ci sont les habituels challengers du Cameroun. Le Kenya, le plus titré chez les dames, a presque fait de ce titre un monopole. Depuis bientôt 15 ans, il organise et remporte pratiquement une édition sur deux. A défaut du titre, l’Egypte va chercher à se qualifier pour les championnats du monde. Elle a remporté beaucoup de titres et souvent devant le Kenya et à Nairobi. C’est une grande équipe et l’un des sérieux prétendants au titre. La Tunisie a fait beaucoup de progrès mais est encore étouffée par ses challengers. Dans ses beaux jours, c’est une équipe difficilement manœuvrable. L’Algérie est dans un processus de reconstruction avec une jeune et ambitieuse équipe qui a pris part au World grand prix. Les équipes comme l’Ouganda, la RDC et le Botswana peuvent créer des surprises. Mais il faut bien dire que tous ces pays-là arrivent, la CAN se réduisant la plupart de temps à 6 ou 7 équipes.

Qu’est-ce que l’expérience de la World Grand Prix peut apporter au Cameroun, tout comme le fait de jouer à domicile ?

Au World Grand Prix, on a joué dans le groupe 3 qui était le plus faible et n’avons pas disputé assez de matchs. Toutefois c’était quand même mieux par rapport à ceux qui, pour de multiples raisons, n’ont pas joué du tout comme le Kenya. En sport, aucune expérience n’est à négliger. Le plus important, c’est la souscription des joueuses et de tous les acteurs au projet d’équipe. Jouer à domicile est un gros avantage et c’est l’un des atouts majeurs du Kenya lorsqu’il vous invite dans son gymnase de Kasarani avec son public chauvin et fanatique. Mais ça peut aussi devenir un couteau à double tranchant par la pression qu’il peut mettre aux athlètes et les faire passer totalement à côté. Le volleyball est essentiellement un sport de nerfs dans lequel seule la fin justifie les moyens. On peut être mené même par 2 sets à 0, remonter et gagner, tout comme on peut vivre le contraire. Donc, il faudra un public pour supporter et non pour se régaler des bonnes actions seulement.


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