Arts plastiques: Em’Kal, prix Henrike Grohs


Le plasticien camerounais, premier lauréat de cette distinction en mémoire de la directrice du Goethe Institut d’Abidjan disparue en 2016.

Un moment solennel au-delà du triste anniversaire. Em’Kal Eyongakpa, artiste plasticien camerounais né à Mamfe en 1981, explorateur de divers secteurs (photographie, sculpture, installation, etc.), est le lauréat de la première édition du Prix Henrike Grohs.

Hommage à la directrice générale du Goethe Institut Côte d’Ivoire, l’une des 18 victimes de l’attaque terroriste du 13 mars 2016 à la plage de Grand-Bassam. « Je ressens beaucoup de reconnaissance pour ce prix, et cette femme que la vie mettait sur ma route en 2015 à Bamako », a déclaré Em’Kal au cours de la réception.

Pour Koyo Kouoh, l’un des quatre membres du jury, ce sacre d’Em’Kal récompense un travail « qu’on voit peu aujourd’hui. » Cette distinction créée à l’initiative de la famille de la regrettée Henrike Grohs et de la direction régionale de l’Institut Goethe, permet l’accompagnement des artistes africains. Une bataille inachevée pour la propulsion de la culture en Afrique menée par la chère disparue.

Bien plus qu’un symbole, ce prix s’affiche comme une action concrète, car il va avec une somme de 20.000 Euros (13 millions de F). Les prochaines éditions seront biennales et le gagnant empochera une somme de 40.000 d’euros, financement indispensable pour la création artistique. La cérémonie organisée le 13 mars dernier au siège du Goethe à Abidjan, a donné lieu à une série de témoignages émouvants.

D’abord avec l’inauguration d’une sculpture de Jems Koko Bi. L’artiste ivoirien, qui a connu et collaboré avec Henrike Grohs, signe un ange aux ailes déployées, accroché au mur extérieur de l’Institut, mais avec le regard tourné vers l’intérieur de la structure. Une fois le voile ôté sur l’imposante œuvre, les prises de parole ont ramené l’assistance dans le souvenir d’une femme éprise de l’art africain.

Une force retrouvée autant dans les propos de Markus Litz, directeur général du Goethe Institut Côte d’Ivoire, de Michael Grau, ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne, de Norbert Spitz, directeur régional du Goethe Institut, et de Florian Grohs, frère de la regrettée directrice. « Grâce à son caractère unique, elle est toujours très vivante et présente », a reconnu Markus Litz.

« Nous voulons perpétuer l’engagement de ma sœur pour l’art contemporain en Afrique », a avoué Florian Grohs. Une soirée conclue par « Farot Farot », spectacle de danse bourré d’énergie. Le dernier auquel Henrike Grohs a assisté, la veille de sa disparition.


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