Agriculture: pari sur les jeunes


Réunis à Mfou depuis mercredi, les pays d’Afrique centrale tablent sur des stratégies visant à encourager et à financer l’entreprenariat jeune dans le secteur

 

23 ans et déjà, Katia Ramos, originaire de Sao Tomé et Principe est propriétaire d’un terrain de 5 hectares. « C’est grâce à l’agriculture », confie-t-elle. Juriste de profession, en service au ministère de la Justice de son pays, elle se consacre en second lieu à la culture et à la transformation du manioc et du cacao. Bien que secondaire, cette activité constitue sa plus importante source de revenus. A l’occasion de la Conférence régionale sur l’agriculture familiale et l’Agribusiness en Afrique centrale  mercredi dernier à Mfou, la jeune promotrice a lancé un vibrant appel à ses pairs : « L’agriculture c’est la base. Avant toutes autres professions, il faut s’y intéresser car on peut prendre sa retraite professionnelle, mais cultiver la terre toute sa vie». C’est d’ailleurs cette invite qui a constitué l’ossature de cette grand-messe des acteurs du secteur agricole de l’Afrique centrale. En effet, le métier de la terre n’attire pas les jeunes. Ceux-ci lorgnent d’avantage les emplois dans la Fonction publique et autres entreprises, oubliant que la terre est un trésor qui ne ternit pas.

Au-delà d’un discours, l’allocution d’ouverture du ministre délégué auprès du ministre de l’Agriculture et du Développement rural (Minader), Clémentine Ananga Messina résonnait plutôt comme une interpellation : « Il y a un problème de vieillissement des planteurs. Les jeunes, plus instruits peuvent constituer une force de renouvellement. Les jeunes doivent s’investir dans l’agriculture. Il ne s’agit pas seulement de labourer la terre, il existe toute une chaîne de valeurs qui constitue une niche d’emplois tels que la transformation, le stockage ou la commercialisation », a-t-elle affirmé.

« La conférence de Mfou vise à montrer l’importance de l’agriculture familiale dans un contexte d’émergence de l’agri business en Afrique centrale pour un soutien, accru des gouverneurs en faveur des jeunes agriculteurs », a expliqué Elizabeth Atangana, présidente de la Plateforme sous-régionale des organisations paysannes d’Afrique centrale (Propac). Une cinquantaine d’organisations paysannes et autres institutions publiques,  d’Afrique centrale prennent part aux travaux.


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